22/07/2004

RWANDA: la réconciliation nationale vue par Eugène NDAHAYO

"La  seule réconciliation prêchée est celle fondée sur la soumission. Dès sa victoire militaire sur l’ancien régime, le FPR préfère régner par la terreur et la violence à l'aide de l'armée et de ses cadres et de sa milice. Que ses sujets le détestent, cela n’est pas son souci du moment qu'ils tremblent et qu'ils obéissent. Ainsi, pour s’imposer, il n’hésite pas à massacrer massivement, à emprisonner, à torturer et exécuter tous ceux qui s'opposent trop à lui ou tous ceux qu’il considère comme pouvant s’opposer à lui. Certaines exécutions ont pu se faire par un vernis de légalité (mascarade de procès), mais le plus souvent, les opposants réels ou supposés sont éliminés sans se gêner, directement par des militaires, par des agents du régime ou par des milices qui lui sont liées (LDF). Cette terreur a amené les Rwandais à renoncer à leur liberté pour la sécurité, le confort, l'oubli d'eux-mêmes et des réalités gênantes.

 

Le règne du FPR est en vérité une longue période de guerre et de génocide permanent qui mérite le label de l’une des barbaries les mieux organisées. N’en déplaise à ses défenseurs, le FPR est indéfendable. Il est indéfendable politiquement, moralement et juridiquement. Et il se trouve qu’aujourd’hui ce ne sont pas seulement les Rwandais qui le disent mais l’acte d’accusation est aussi proférée par tous les peuples de la région des Grands Lacs, les Congolais en tête.

 

Et plus les jours passent, plus le FPR est de plus en plus impuissant à se justifier ; et de plus en plus il se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’il a de moins en moins de chance de convaincre malgré un maniement si habile du mensonge et de la manipulation. Il ne suffit pas de parler de constitution, d'élections libres, de libertés publiques, de droit et de justice indépendante... pour se croire autorisé à s'appeler démocratie. L'habit ne fait pas le moine et une enveloppe ne fait pas le contenu, dit-on. Le bon fonctionnement de la démocratie est inséparable du respect d'un certain nombre de libertés fondamentales, notamment des libertés de pensée, d'expression (presse, réunion), de déplacement, d'association, et de la diffusion de l'instruction et de la bonne organisation de l'information des citoyens. Définie comme étant le gouvernement du peuple par lui-même, elle suppose aussi le contrôle de ce gouvernement par le peuple ou ses représentants.

 

Sous toutes les latitudes, un régime à parti unique, n'admettant aucune opposition organisée, dans lequel le pouvoir politique dirige souverainement et même tend à confisquer la totalité des activités de la société qu'il domine, un régime qui s'accoquine fort bien avec des criminels et des tyrans sanguinaires ne peut en aucun cas être qualifié de démocratie. C’est tout simplement une dictature de type totalitaire. C’est ça le FPR. !" (Eugène Ndahayo)


 

La réconciliation nationale vue par Eugène NDAHAYO


--- In rwandanet@yahoogroups.com, "Utilisateur1" <Eug.Ndah@w...> wrote:
From:  "Utilisateur1" <Eug.Ndah@wanadoo.fr>
Date:  Wed Apr 7, 2004  12:40 pm
Subject:  Tr :

LE DIXIEME ANNIVERSAIRE DU GENOCIDE SONNE-T-IL LE GLAS DU FPR ?

___________________________________________________________________________

 

 

En ce mois d’avril 2004, le Rwanda commémore pour la dixième fois l’anniversaire du « génocide rwandais », selon la formule de la résolution ad hoc de l’ONU, du « génocide des Tutsi » selon l’expression consacrée par l’usage.

 

Au Rwanda et partout dans le monde des cérémonies sont programmées pour honorer la mémoire des victimes mais aussi des débats sont organisés pour essayer de panser les blessures mais aussi de penser le Rwanda de l’avenir. 

 

Est-ce le début de la fin ?

 

Grâce à un travail soutenu de recherche, visant à établir la vérité sur le génocide, entrepris par ceux qui refusent le manichéisme simplificateur du « bon Tutsi » et du « méchant Hutu » et suite aux révélations le 10 mars 2004 dans le quotidien français Le Monde au sujet de l’enquête anti-terroriste menée par le Juge Jean-Louis Bruguière sur l’attentat du 06 avril 1994, considéré comme le déclencheur du génocide, et dont la responsabilité incombe à Paul KAGAME, l’actuel président de la République, l’opinion a été littéralement stupéfaite de découvrir qu’il y a deux histoires du génocide : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où sont les véritables causes des événements. Des voix dans le monde commencent ainsi à s’élever pour sinon poser des questions mais plus encore pour exiger que lumière soit faite sur toutes les dimensions de la tragédie et que l’histoire du Rwanda cesse d’être écrite par des criminels.

 

Avec le rapport Bruguière et avec les témoignages multiples et circonstanciés des proches du FPR sur la cruauté impitoyable sur le cynisme et la résolution des ses cohortes avant, pendant et après le génocide, inébranlable du chef du FPR de tout sacrifier au pouvoir, l’époque où la victoire du FPR sur l’ancien régime était un soulagement pour la communauté internationale et où les images de l’apocalypse étaient bien trop crues pour livrer autre chose qu’elles-mêmes est révolue. Tout le monde veut désormais savoir la vérité.

 

Pour avoir pris la lourde décision d’abattre l’avion du président Habyarimana, le régime du FPR doit assumer sa responsabilité dans le déclenchement du génocide, mais aussi pour avoir sacrifié au prestige personnel et au pouvoir et de n’avoir eu aucun respect humain vis-à-vis de ceux-là mêmes pour qui il affirmait hier avoir pris les armes (le 1er octobre 1990) et dont il prétend aujourd’hui être le représentant et le défenseur légitime.

 

Conscientes des conséquences politiques et juridiques de cette vérité longtemps occultée, les autorités rwandaises se sont parées de leurs meilleures armes :

 

1- L’intimidation vis-à-vis de la communauté internationale coupable d’avoir cyniquement abandonné les victimes à leur propre sort. Mais cette attaque est surtout dirigée contre la France, accusée à son tour d’avoir armé les génocidaires Hutu. Le régime FPR oublie cependant de dire qui a armé ses propres tueurs ! A moins que l’on veuille nous faire croire qu’il y a de «gentils » tueurs et de « méchants » tueurs.  Rejeter toute la responsabilité sur la France exonère-t-il le FPR de sa propre responsabilité dans l’attentat qui a mis le feu aux poudres ou dans le massacre de plusieurs centaines de milliers de Hutus de 1990 à 1994 et au lendemain de son arrivée au pouvoir ? Qu’en est-il de celle de  la MINUAR soupçonnée d’avoir facilité au FPR l’acheminement des armes dans la capitale, de celle de  l'Onu qui a non seulement retiré ses soldats dès les premiers jours du génocide mais aussi pendant dix ans a fait obstruction à l'enquête sur l'attentat, ou encore de celle de la Belgique, de la Grande Bretagne, des Etats-Unis, de l’Ouganda, etc. que le régime de Kigali ne veut même pas évoquer uniquement parce que ces pays l’ont soutenu dans son entreprise de conquête et de prise du pouvoir ! Le peuple rwandais a besoin de la vérité, de toute la vérité, rien que la vérité et quelles que soient les accointances et non des règlements de comptes où il faut parfois se boucher le nez avant de plonger.

 

2- Le régime, acculé dans ses retranchements, essaie aussi de renverser la vapeur en s’adonnant, par l’emploi médité, calculé, méthodique de la perfidie froide et de la propagande la plus hypocrite (simultanément ou tour à tour ), à son exercice favori : écrire l’histoire du génocide sous le mode victimaire et héroïque.

 

Le dogme est encore solide, et ses défenseurs pleins de bonne conscience et/ou de cynisme ne supportent pas qu'on le remette en cause. Ainsi, avec une belle unanimité, la majorité des médias comme du monde intellectuel s’efforcent de passer sous silence certains faits gênants, susceptibles de ternir un si magnifique tableau à l’occasion de cette commémoration. Tout ce qui peut rappeler la responsabilité du FPR dans la catastrophe qui s’est abattue sur notre pays est à bannir : aucun mot sur l’attaque du 1er octobre 1990 et sur les centaines de milliers de morts victimes de cette attaque ; aucun mot sur les massacres ethniquement ciblés du FPR dans son entreprise de prise du pouvoir à partir d’avril 1994 et après ; aucun mot sur les centaines de milliers de réfugiés pourchassés comme des animaux sauvages par la soldatesque du régime de Kigali en RDCongo ; aucun mot sur les trois millions (et plus) de congolais victimes de l’appétit démesuré et de l’ethno-nationalisme de l’homme fort de Kigali ; aucun mot sur la terreur et l’oppression exercées par le régime pour soumettre, de gré ou de force, le peuple rwandais aux exigences d’une dictature militaro-ethniste.

 

Au contraire, Kigali et ses suppôts nous vantent, dans un concert d’autosatisfaction, les mérites d’une démocratisation sans précédent depuis l’indépendance du pays ; d’une bonne gouvernance unique en Afrique; d’une volonté de justice et de réconciliation exemplaire.

 

Or, quiconque tant soit peu s’intéresse à ce qui se passe au Rwanda ne tarde pas à découvrir que le régime dit démocratique de Kigali n'a de démocratique que le nom et certaines formes de surface. Il s’agit d’une vaste hypocrisie où règnent l'arbitraire, la terreur, la corruption, les inégalités,... L'égalité fictive des citoyens ne résiste pas aux classes sociales, au clientélisme, à l’ethnisme, au népotisme. Les dirigeants réels ne sont pas élus. La démocratie reste une fiction imposée au bout du canon et à la force des baïonnettes : la mascarade d’élections présidentielles et législatives truquées et entachées d’irrégularités d’août –octobre 2003, où l’opposition intérieure et extérieure a été exclue par une constitution taillée sur mesure et une loi électorale liberticide et antidémocratique ne visaient qu’à légitimer et à renforcer la mainmise totale de KAGAME et ses associés sur les institutions et sur toute la vie nationale. Par peur de perdre, le régime s’était préalablement protégé par des mécanismes légaux automatiques pour réguler et éliminer "naturellement" tout ce qui aurait pu lui nuire.

 

Les libertés sont surtout réservées aux proches du régime, les contestataires ne peuvent pas trop en user. Le citoyen rwandais est libre, à condition de penser et de faire ce que le système attend de lui. Dans la pratique, les gens ordinaires n'ont aucun pouvoir et sont à la merci des appareils policiers ou bureaucratiques. La justice est à la botte des militaires et des extrémistes du FPR, où les aveux sont arrachés soit à la torture soit par le chantage d’une réduction de peine ou d’une libération ;  une adaptation des « procès de Moscou » en quelque sorte.

 

La soi-disant bonne gouvernance n’est au service que d’une clique de criminels mafieux ; le prétendu redressement « sans précédent » est une illusion, la réalité étant la misère généralisée pour plus de 95% de la population dont plus de 70% vivent avec moins d’un dollar par jour.

 

La  seule réconciliation prêchée est celle fondée sur la soumission. Dès sa victoire militaire sur l’ancien régime, le FPR préfère régner par la terreur et la violence à l'aide de l'armée et de ses cadres et de sa milice. Que ses sujets le détestent, cela n’est pas son souci du moment qu'ils tremblent et qu'ils obéissent. Ainsi, pour s’imposer, il n’hésite pas à massacrer massivement, à emprisonner, à torturer et exécuter tous ceux qui s'opposent trop à lui ou tous ceux qu’il considère comme pouvant s’opposer à lui. Certaines exécutions ont pu se faire par un vernis de légalité (mascarade de procès), mais le plus souvent, les opposants réels ou supposés sont éliminés sans se gêner, directement par des militaires, par des agents du régime ou par des milices qui lui sont liées (LDF). Cette terreur a amené les Rwandais à renoncer à leur liberté pour la sécurité, le confort, l'oubli d'eux-mêmes et des réalités gênantes.

 

Le règne du FPR est en vérité une longue période de guerre et de génocide permanent qui mérite le label de l’une des barbaries les mieux organisées. N’en déplaise à ses défenseurs, le FPR est indéfendable. Il est indéfendable politiquement, moralement et juridiquement. Et il se trouve qu’aujourd’hui ce ne sont pas seulement les Rwandais qui le disent mais l’acte d’accusation est aussi proférée par tous les peuples de la région des Grands Lacs, les Congolais en tête.

 

Et plus les jours passent, plus le FPR est de plus en plus impuissant à se justifier ; et de plus en plus il se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’il a de moins en moins de chance de convaincre malgré un maniement si habile du mensonge et de la manipulation. Il ne suffit pas de parler de constitution, d'élections libres, de libertés publiques, de droit et de justice indépendante... pour se croire autorisé à s'appeler démocratie. L'habit ne fait pas le moine et une enveloppe ne fait pas le contenu, dit-on. Le bon fonctionnement de la démocratie est inséparable du respect d'un certain nombre de libertés fondamentales, notamment des libertés de pensée, d'expression (presse, réunion), de déplacement, d'association, et de la diffusion de l'instruction et de la bonne organisation de l'information des citoyens. Définie comme étant le gouvernement du peuple par lui-même, elle suppose aussi le contrôle de ce gouvernement par le peuple ou ses représentants.

 

Sous toutes les latitudes, un régime à parti unique, n'admettant aucune opposition organisée, dans lequel le pouvoir politique dirige souverainement et même tend à confisquer la totalité des activités de la société qu'il domine, un régime qui s'accoquine fort bien avec des criminels et des tyrans sanguinaires ne peut en aucun cas être qualifié de démocratie. C’est tout simplement une dictature de type totalitaire. C’est ça le FPR. !

 

3- Issu du mouvement marxiste , le FPR connaît l’importance de l’idéologie dans le contrôle des esprits. L’idéologie est pour le FPR l’instrument de justification et d’explication de l’existence de son régime et de la domination qu’il exerce. Celle du FPR forme un tout cohérent et fournit une explication du monde social, politique et économique, avec les clefs du bien et du mal, c’est-à-dire la possibilité de juger, de sanctionner les déviances et les infractions à la ligne officielle.

 

Cette idéologie repose sur la négation de l’histoire et de ses processus . Ainsi, depuis que le FPR a pris le pouvoir, il ne cesse de dire qu’avant lui tout a très mal marché et de promettre de détruire la cause des souffrances du peuples rwandais. Ces souffrances, dit-il, ont commencé avec la révolution de 1959 qu’il présente comme la cause originaire de la violence génocidaire de 1994 ! Le FPR affirme, obéissant en cela à une logique psychopathologique, que la volonté de Dieu et le sens de l’Histoire soutiennent les Tutsi dans leur volonté de survie ! N’entend-on pas effectivement certains appeler les Tutsi les « fils d’Imana » ? N’a-t-on entendu le Président Kagame, lors de sa campagne électorale d’août 2003, oser affirmer que le Rwanda avait cessé d’exister entre 1959 et 1994 (période où les Tutsi n’étaient pas aux commandes), et que lui il était là pour achever sinon poursuivre l’œuvre de ses ancêtres ! Une preuve si besoin en était que, quel qu’ait été le discours moral et démocratique du FPR dès l’attaque du 1er octobre 1990 sur le droit de retour de réfugiés injustement chassés de leur pays, le FPR a conquis le Rwanda par la conviction que les Tutsi étaient une « race » supérieure et née pour commander.

 

En cela, d’une part, le prophétisme victimaire du FPR selon lequel depuis 1959 les Tutsi seraient menacés dans leur existence même est un appel à la communauté tutsi à la restauration de la domination des Tutsi sur les Hutu, à être vigilants et à détruire ceux qui les menacent pour éviter la réédition de la parenthèse perturbatrice 1959-1994. En d’autres termes, la survie des Tutsi doit passer par la mort des autres. Tout en se défendant d’être ethniste, malgré les faits, le FPR fonde donc  sa survie politique sur une peur existentielle. Ce qui n’est ni plus ni moins une idéologie d’intention ethniste.

 

D’autre part, présenter globalement et collectivement les Hutu comme étant responsables du génocide et situer le début du génocide en 1959, date à laquelle les Hutu ont retrouvé leur dignité d’êtres humains, après une longue période de chosification et de servitude au profit d’une aristocratie tutsi convaincue d’appartenir à une « race » supérieure, vise à amener les Hutu à se sentir coupables et de ce fait accepter non seulement d’être dominés, mais en plus l’être avec enthousiasme en échange de la non-pousuite. La paix dans l’esclavage en somme !

A cet effet, le régime utilise tous les moyens de persuasion (la terreur et la violence), de conditionnement (camps de rééducation forcés), de mensonge, de manipulation. Et il s'appuie surtout sur le fait que la plupart des gens n'ont pas de vraies exigences et souhaitent se placer sous l'emprise d'un système englobant qui pense et agit pour eux. Avec ce système, celui qui ne se convertira pas finira par sombrer dans le désespoir.

 

L’idéologie est enseignée à tous et imprègne tous les discours. Elle dispose d’un monopole dans les grands medias et dans le système éducatif. Grâce à la censure (la presse est aux mains du FPR) la presse ne publie que ce qu’il plaît au FPR de laisser paraître. Des comités de censure ont été mis sur pied au niveau des imprimeries de telle sorte que régime connaît d’avance tout ce qui sort pour neutraliser toute influence « néfaste ». La presse est obligée d’entrevoir le monde qu’à travers des lunettes colorées que le régime lui a mises devant les yeux. Il y a trois sortes de presse : la presse officielle qui veille à la défense du régime, la presse semi-officielle qui sensibilise les tièdes et les indifférents, la presse qui se donne l’air de faire opposition pour entraîner les vrais opposants à croire en cette opposition, se dévoiler et permettre ainsi au régime de les mâter.  Pour donner l’illusion d’une certaine presse indépendante, le régime crée donc à dessein des journaux agressifs en apparence mais qui en réalité n’attaquent que sur les points où « l’homme fort de Kigali » s’est proposé de faire un changement.

 

Quiconque s’oppose à l’idéologie du FPR est taxé de divisionnisme. Le chantage au divisionnisme, comme le fait d’amalgamer les Hutu à des catégories criminelles (génocidaires de surcroît) est un moyen pour le groupe dirigeant de revendiquer l’exercice illimité du pouvoir ou de contester leur éviction de postes prestigieux ou lucratifs . De la part du FPR, usager du divisionnisme, comme du discours victimaire, est une stratégie efficace pour justifier des exclusions d’une partie de la population et d’exiger des avantages particuliers ; en somme un cadre parmi d’autres de la lutte sociale et politique.

 

A la longue, le FPR veut aboutir à un système où la totalité des gens pensent et agissent de manière conforme à la totalité de son idéologie dans la totalité des secteurs de la vie en embrassant dans une idéologie unique l’ensemble du peuple rwandais, en dominant et en contrôlant totalement et de façon permanente la totalité des individus dans la totalité de leurs existence, en obtenant et conservant l’adhésion et le consentement des dominés (officiellement, KAGAME a été élu avec 95 % des voix et il s’étonne encore de voir que 4,5 % des électeurs n’ont pas voté pour lui en août 2003 ; et certains sont entrain de le payer très cher ) et en éliminant toute possibilité de remise en cause.

 

Si ce système devait réussir et que les Rwandais intériorisaient l'idéologie du FPR, ils vont tous devenir des flics pires que les agents de l'Etat, des flics qui traquent impitoyablement toute trace de dissidence en eux et autour d'eux.. Plus besoin de répression sanglante exercée par les forces de police, les braves citoyens s'en chargeront de manière encore plus efficace par la surveillance, l'auto-censure et la délation.

 

Jusques à quand Kagame continuera- t- il à prendre les Rwandais et le monde entier en otage et à jouir de l’impunité ? Qui pourra l’arrêter ? C’est ça la question !

 

 

Lyon, le 06 avril 2004.

Eugène NDAHAYO

 

 


 


 
22-07-2004
© RWANDANET 2004



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16/07/2004

IKINYAMAKURU Umutabazi No 13 - Nyakanga 2004

Bimensuel  (Ikinyamakuru gisohoka kabiri mu kwezi)

No 13 Nyakanga 2004

Yo kuva kuwa 01 kugera kuwa 15 Nyakanga 2004                                                                                                                         

                                                             

                            Email: Umutabazi J. Bimensuel: umutabazi@yahoo.fr

 


Ingingo zikubiye muri iki kinyamakuru :                                                                                                Urupapuro                                                                                              

                                                                                          

1. Ijambo ry’ibanze :             

  - Inzira ndende……………………………………………………………………………………. ……2 -  3

 

2. Amakuru y’abanyarwanda :

  - Abanyarwanda bagaramye ingengabitekerezo ya FPR-Inkotanyi ……………………. ………..3 - 4

 

3. Politiki :

  - Imyaka 42 y’ubwigenge, n’imyaka 10 y’igitugu mu Rwanda. ……………………………………4 - 5

  - Umuti w’ubwiyunge uzavugutirwa bande ? ………………………………………………………..5 - 6

 

4. Umutekano :

  - Amahoro ntashingira ku buryarya……………………………………………………………………6 - 8

 

5. Ubutabera :

  - Urukiko rwa gisirikare rwabonye abashinjacyaha……………… ……………………………….. 8

 

6. Ubukungu n’imibereho myiza y’abaturage:

 -  "Business" muri Kigali yabonye beneyo…………………………………………………………….8- 9

 

7. Amakuru anyuranye :

  - Afurika yunze ubumwe mu gifuma cya FPR-Inkotanyi…………………………………………...9 - 10

 

8. Amakuru ashyushye :                                                                                                                                 

  - Liprodhor, igitambo cy’abaharanira ubutabera……………………………………………………10 -11

 

9. Abatwandikiye :

  - Abagizi ba nabi  baragororewe! ……………………………………………………………………..11 - 12




IJAMBO RY’IBANZE

 

Inzira ndende.

 

Ubwanditsi



Ku italiki ya 4 Nyakanga mu gihugu hose twijihije umunsi
w'intsinzi. Buri wese yagize icyo yibuka n'icyo yibaza ku kaga
kagwiriye abanyarwanda n'icyo intsinzi yaba yaramugejejeho. Hari abo
yakamiye ayera abandi ibakamira atukura. Hari abo yashyize mu nzu
abandi ibaheza hanze.



Ku bantu bari mu mugi wa Kigali muw'i 1994, iyo taliki ibibutsa
byinshi. Hari kandi n'abawuherukamo icyo gihe ubu bakaba barabuze
inzira izawubagezamo nyuma y'aho iz'amarere ziwushinzemo amababa,
aribyo bise kwibohoza.



Mu ijambo Perezida Paul Kagame yagejeje ku banyarwanda mu gihe
cyo kwizihiza intsinzi, yaravuze ati: « Kwibohoza ni inzira ndende
kandi buri wese agomba kuyigiramo uruhare rukomeye. » Abazi
gusesengura amagambo, bemeza ko yashakaga kuvuga ko atararangiza
intambara yo kwibohoza. Kimwe n'abandi, Kagame yemera ko abaturage
bakiboshywe kandi ko bagomba guharanira kwigobotora iyo ngoyi.
Icy'ingenzi rero ni ukumenya ingoyi ibaboshye iyo ariyo. Iyo ngoyi
buri wese agomba kuyitungira undi agatoki maze bakayigobotora ubuzira
herezo.



Iyo witegereje neza, usanga ibyo FPR n'ingabo za Paul Kagame
bakoze kuva muri 90 kugeza magingo aya atari intambara yo kwibohoza,
ahubwo yarabaye intambara yo kuboha abaturage. Twibuke ko iyo
ntambara yashojwe n'agatsiko k'abafite inyota y'ubutegetsi kandi
bakomeje gutsimbarara ku ngengabitekerezo ya mpatsibihugu, maze
kakayishoramo abaturage b'inzira karengane. Ako gatsiko kandi
kayobowe na Kagame ni nako gakomeje kuburabuza abaturage, kabicisha
inzara, umunyururu n'ibindi bibi byose byagiye bigaragara kuva aho
FPR ifatiye ubutegetsi.

Ibyo nibyo umukuru w'igihugu yemeza ko bitagomba kurangira.



Abakomeza kubigiramo uruhare bamutiza umurindi rero, nabo ni
abanzi b'abaturage kuko ntibabashakira amahoro. Ibi birasaba
abanyarwanda ubwabo kwimenya, bakamenya ko kubaho kwabo aribo bireba
mbere na mbere maze bagahagurukira kuguharanira barwanya akarengane
n'igitugu. Nibyo koko igikorwa cyo kwibohoza ni inzira ndende, ni
igikorwa kandi kizaragwa abuzukuru n'ubuvivi.



Iyo usubije amaso inyuma, usanga mu mateka y'igihugu cyacu
hamaze kubonekamo ibikorwa bibiri byitiriwe ibyo kwibohoza. Hari
icyabibimburiye muri 1959 igihe abanyarwanda bigobotoraga ingoyi ya
gihake bagashobora no kwigeza k'ubwigenge. Iyo ntambwe niwo murage
impirimbanyi za demokarasi zaturaze. Byaragaragaye kandi ko
abacunguzi ba FDLR bakomeje kuwugenderaho banga gutatira igihango.
Kuva muri 1990 hadutse ikindi gikorwa cya FPR kigamije gusibanganya
uwo murage, maze nabo biyitirira kubohora u Rwanda. Ibyakurikiyeho
buri wese yarabyiboneye. Imbuto babibye mu banyarwanda yeze
ubuhotozi, inzangano, ubujura, urugomo, amacakubiri n'ibindi. Ninde
uzemera ko uwo murage awusigira urubyaro rwe ? Ninde uzemera ko
Revolisiyo yo muri 1959 yasibangana maze igasimburwa n'intsinzi yo
muri 94 ? Ninde uzemera ko umuturage asubizwa ku ngoyi, agahezwa ku
byiza by'igihugu cye byikubiwe n'agatsiko ? Ninde uzemera kuraga
umwana we kuzahora yishisha umuturanyi aho gusabana ngo bisungane
basangire akabisi n'agahiye, bahana amazi n'umuriro?



Aha buri wese yakwibaza akisubiza, agahitamo inzira ayoboka
kandi agafatanya n'abandi kuyitunganya. Uruhare rwa buri wese koko
rurakenewe kuko ari ngombwa ko abanyarwanda bose batahiriza umugozi
umwe, bakibohora aho gufasha abababoha gukanyaga ingoyi.

Niba koko Paul Kagame yemera ko kwibohoza ari inzira ndende
nkuko n'abandi benshi babyemera, amenye ko iyo nzira yatangiwe 1959
kandi nkuko abivuga ko itagira iherezo. Ntabwo rero yarangiye taliki
ya 4 Nyakanga 1994. Kwibwira kandi ko yayizitiye akayisimbuza iye
yatangiye muri 90, ni byabindi byo kuyobya abaturage kandi nabo
batazashobora gukomeza kubyihanganira.



Bambali b'inzira ndende rero, mukenyere mukomeze urugendo
ruracyari rurerure kuko inzira mwatangiye ntigira iherezo. Ariko
nyamara, uko intambwe iterwa igana imbere, niko muzajya musanganirwa
n'ibyiza biyitatse.

Muhorane ubutwari.



AMAKURU Y'ABANYARWANDA



Abanyarwanda bagaramye ingengabitekerezo ya FPR-Inkotanyi.



Straton Musemakweri


Kuva mu mwaka w'i 1994 ubwo u Rwanda rwongeraga kwigarurirwa
n'abana b'impunzi z'abatutsi zari zarahunze impinduramatwara ya
rubanda (Révolution Sociale) yo muri 1959, abaturage hirya no hino
ndetse no mu nzego zinyuranye bakomeje kuzibukira ingengabitekerezo
FPR-Inkotanyi yamye ishyira imbere.



Mubyukuri, kuva u Rwanda ruterwa n'inkotanyi kuwa 1/10/1990,
impamvu zasobanuraga icyo gitero kitari gishyigikiwe n'abanyarwanda
ahubwo cyaje kibica, kibavana mu byabo ndetse no mu gihugu, zibandaga
ku kuzana demokarasi, kuvanaho ubutegetsi bw'igitugu no guca
akarengane, gusenya ubutegetsi bw'akazu n'ibindi bijyanye nabyo
inyenzi zabwiraga abanyarwanda n'amahanga mu magambo meza n'akarimi
gasize ubuki. Nyamara ikigaragara, ni uko ibyo FPR yashinjaga
Repubulika ya kabiri aribyo irimo kwikorera gusa !

Ahubwo wagira ngo icyo gihe Inkotanyi zaduciraga amarenga
zitugezaho gahunda y'ibyo zateganyaga gukora mu Rwanda (projet de
société) ntitwumve neza ibyo aribyo. Bwarakeye biraba !



Ngo akaremeye ugatega iminsi ! Uko iminsi igenda ihita, niko
abaturage bagenda basezera ku ngengabitekerezo ya FPR-Inkotanyi
ishingiye ku kinyoma ikandamiza, ingengabitekerezo igamije gutanya
burundu amoko atuye u Rwanda

kubera inyungu za politiki ibifitemo, politiki y'ubwibone,
kwiyemera no kwishyira imbere kw'agatsiko k'ingerwa ku mashyi
z'abanyepolitiki n'abasirikare bari ku isonga ry'ubutegetsi hano i
Kigali.



Abateye u Rwanda bakaruvutsa amahoro, barushoye mu bwicanyi
bukomeye bwo muri 1994, ubwicanyi ba nyirukubukora basabye amahanga
ko yabwita « génocide ». Kuva icyo gihe, ubwo bwicanyi bwakoreshejwe
n'abari bamaze gufata ubutegetsi, nk'intwaro ikomeye yo gucecekesha
abahutu FPR yemeza ko aribo bicanyi. Icyo cyaha kidasaza kigamije
gutera isoni abo kigerekwaho ngo bacishe make muri politiki,
abanyarwanda bamaze kukigarama pe !



Nk'uko bisobanurwa na Munyurangabo, imyumvire mishya ku kibazo
cy'itsembabwoko iragenda ishinga imizi mu banyarwanda. Ahavugwa cyane
ni muri rwanda rwejo rw'abanyeshuri batagikozwa imvugo
y'amarangamutima. Ngo n'amadini anyuranye, mu mirimo yayo yaba atoza
abayoboke kutemera jenoside nkuko isobanurwa n'ubutegetsi bwa FPR.
Hiyongeraho imwe mu miryango itegamiye kuri leta irengera
uburenganzira bw'ikiremwa muntu; uvugwamo ni LIPRODHOR. Ahubwo hari
abemeza ko no mu ngabo harimo abatakigendera ku magi ngo bemere ibyo
umutima nama wabo utemera.



Ibyo byiciro by'abanyarwanda byongeye kwikomwa n'ubutegetsi, ni
abatemera ko abanyarwanda bo mu bwoko bw'abahutu bishe kandi
bagambiriye gutsemba abanyarwanda bo mu bwoko bw'abatutsi. Ikindi
batumvikanaho na Paul Kagame ni uko ahakana akomeje ko abatutsi cyane
bo muri APR bishe abahutu mu Rwanda no hanze yarwo.



Basomyi rero, intego kuri twese, ni ukubohoza igihugu. Icyo
gikorwa, ni njye, ni wowe ni kanaka wundi tuzahaguruka tukanga
kwemeza ibitari byo, kandi uwo murongo tukawugumaho kugeza ubwo
n'abandi bawudushyigikiraho maze tukawumenyereza. Abakurambere bacu
baturaze ukuri ntabwo baturaze FPR n'ibinyoma byayo. Ubutegetsi
bukomeje kubeshyera abaturage ngo bishongora ku bataburura amagufa
y'ababo. Nyamuneka mureke tutazava aho dupfa amagufa kandi twarabuze
abantu ! Ahubwo twibande ku byaduhuza ngo dusane u Rwanda rwasenywe
na FPR-Inkotanyi. Ariko kandi n'iryo taburura rishatse ryahagarara
kuko n'abandi bararekeye !



POLITIKI



Imyaka 42 y'ubwigenge, n'imyaka 10 y'igitugu mu Rwanda.



Célestin Sindayigaya



Mu mateka ya politiki y'u Rwanda, ukwezi kwa Nyakanga gufite
byinshi kutwibutsa. Kuwa 1 Nyakanga 1962, u Rwanda rwongeye
gusubirana ubwigenge naho kuwa 5 Nyakanga 1973, ubutegetsi bwa
Repubulika ya mbere bwahiritswe na Coup d'Etat, mu gihe abanyawanda
tutazibagirwa ifatwa ry'ubutegetsi i Kigali na FPR-Inkotanyi hejuru
y'imivu y'amaraso no mu miborogo itarigeze ibaho mu gihugu kuwa 4
Nyakanga 1994.



Muri ibi bihe rero bya Nyakanga 2004, abanyarwanda bongeye
gucikamo ibice mu myumvire ishingiye ku mateka ya politiki yaranze u
Rwanda. Nk'uko bihesha ishema abaturage batuye isi yose, umunsi wo
kwibuka ubwigenge ni umunsi ukomeye ndetse uhabwa umwanya wa mbere.

Niyo mpamvu bawita « Fête Nationale. » Iwacu, siko bimeze
nk'uko dusigaye twejeje abahanga mu gucura amateka yo guha icyerekezo
imyumvire igamije guha igitugu intebe hano mu Rwanda.



Mu gihe abanyarwanda basubiza amaso inyuma ngo bizihize
ubwigenge banazirikana intwari zitanze kugira ngo tubugereho,
ubutegetsi bwemeza ko nta kintu kidasanzwe cyabaye kuwa 1 Nyakanga
1962. Ahubwo kuwa 4 Nyakanga 1994, Inkotanyi zafashe ubutegetsi igihe
zagarikaga ingogo bityo tukaba tugomba kubizirikana. Ubundi ngo ni
kuri uwo munsi ba Rutemayeze bibuka ko icyo gihugu bigaruriye
bagisanganye ubwigenge !



Ariko nyamara, kuba u Rwanda rwarigenze muri 1962 kubera
ubwitange bw'abarwanashyaka b'abahutu, ntabwo biha uburenganzira
abategetsi b'abatutsi bayobora u Rwanda muri ikigihe, gupfobya ibyiza
izo ntwari zagejeje ku banyarwanda. Ku Isi yose, abaharaniye
ubwigenge bw'ibihugu byabo bagizwe intwari kandi barabyubahirwa
uretse mu Rwanda rw'iki gihe!!

Izo ntwari zari ziyobowe na Grégoire Kayibanda zaharaniye ubwigenge
zifatanije n'abanyarwanda benshi uvanyemo gusa abifuzaga kuryamira
abandi bakoresheje igitugu. Zibikora, ntabwo zaharaniraga ubwoko ubu
n'ubu nk'uko ingoma y'igitugu ya FPR-Inkotanyi n'inshuti zayo
babeshya abanyamahanga. Icyo zari zimirije imbere ni uko abahutu,
abatutsi n'abatwa bareshya imbere y'amategeko; isaranganywa
ry'umutungo w'igihugu kugira ngo abagituye bawusangire nta
kuryamirana ; kuvana ubutabera mu kwaha kw'agatsiko; iyakirwa mu
mashuli ry'abana b'abanyarwanda bose aho kuyagira umwihariko w'abana
b'abashefu n'abasushefu kugira ngo bategurirwe kuzayobora u Rwanda
bonyine.Kuba ubutegetsi bwa FPR-Inkotanyi bupfobya ubwigenge bw'u
Rwanda n'abitanze ngo tubugereho, ni ikimenyetso simusiga
abanyarwanda dukwiye kubonamo amatwara y'ubutegetsi buriho asa
nashaka kwigizayo Repubulika akagarura ubuhake. Ahubwo nitureba nabi
dushobora kugarurirwa Kalinga, inyambarabishahu yari ikimenyetso
cy'ubutegetsi bwasheshwe na Révolution Sociale yo muri 1959, nayo
itemerwa n'Inkotanyi da !! Mu birori byabereye kuri Stade Amahoro i
Remera, Perezida Paul Kagame yahavugiye ijambo ryumvikana kandi
abanyarwanda yaribwiraga bagombye kurifata uko yarivuze. Umukuru
w'igihugu yagize ati : « Kwibohoza ni inzira ndende kandi buri wese
agomba kuyigiramo uruhare rukomeye . » Wa mugani wa Kagame rero,
birakwiye ko buri munyarwanda yisuzuma agatekereza umusanzu we mu
kubohoza u Rwanda ari nabyo kwibohoza nyine. Kwibohoza no kubohoza
igihugu muri iki gihe, bivuga kuvana amaboko ku ngoma y'Inkotanyi no
ku buyobozi bwayo buhagarariwe na Jenerali Paul Kagame. Uko kwibohoza
Kagame atugiramo inama, ni ukwishyiriraho ubutegetsi butubereye,
butica, budafungira abantu ubusa, butiba, budacyemura ikibazo
cy'umuturage bubanje kumureba ku umutonzi w'izuru, ubutegetsi buha
agaciro intwari z'igihugu budashingiye ku bwoko bwazo. Imfubyi
niyumvire mu urusaku, abajyanama sibo babuze!!

Umuti w'ubwiyunge uzavugutirwa bande ?



J. Sauveur Murengezi



Ubundi mu kinyarwanda, hiyunga abagiranye ikibazo kigaragara ku
buryo kibatanya. Mu Rwanda, mu bihe bitandukanye, impamvu zinyuranye
zatandukanyije abarutuye. Imibanire hagati y'abanyarwanda mbere na
nyuma y'umwaduko w'abazungu yakunze gushingirwaho. Abahutu bemeza ko
bakandamijwe n'abatutsi bari bafite ubutegetsi.

Iryo kandamizwa rikunze kwibanda ku icyo bise ubuhake. Ubundi
isezererwa ry'ingoma ya cyami binyuze muri Kamarampaka kuwa 25 Nzeri
1961, naryo ntabwo ryabonywe neza n'abari bambuwe ubutegetsi. Ni
kimwe na Révolution Sociale yo muri 1959 yagejeje ibyiza ku
banyarwanda ariko kandi ikaba igereranywa n'itsembabwoko n'abo
yakosoye icyo gihe. Ibyabaye muri 1994 byo byaje ari simusiga,
nyamara imvano n'ingaruka zabyo nicyo kibazo igihugu kiri
kwivurugutamo. Kuba ibi bitavugwaho rumwe, bikwiye kuvuganwaho mu
manyakuri kugira ngo bitazakomeza gushyamiranya abana n'abuzukuru
b'u Rwanda.



Imvugo ya politiki yeze hanze aha ni : « Turashaka
imishyikirano », kimwe n'uko hari abasaba ibiganiro bya politiki
bitaziguye (Dialogue inter-rwandais hautement inclusif). Ikingenzi,
ni uko abenshi bamaze kubona ko ikibazo cy'u Rwanda ari icya politiki
bityo kikaba gisaba umuti wa politiki. Twibuke ko uwo muti ushakwa,
ari uwo kugeza igihugu ku ubwiyunge buzarama, bukanashingiraho ubumwe
hagati ya bene Gahutu, bene Gatutsi, bene Gatwa, bene Kanyenduga na
bene Sagakiga kandi bukazakomeza kuba isoko y'amahoro n'amajyambere.



Ikibazo cy'ubwiyunge mu Rwanda, gikunze kubererekerwa
n'abakivugaho kubera impamvu za politiki bamwe na bamwe baba
barengera. Biratangaje kumva ubutegetsi bwa FPR bwihanukira ngo
bwagejeje abanyarwanda ku ubwiyunge. Ni bande biyunze ? Ubajije
umututsi n'umuhutu baturanye hariya ku urutare rwa Ndaba cyangwa kuri
Mbyo ho muri Gashora kimwe n'ahandi, bakubwira ko biyunze mu biki ?
Ubundi hagati yabo bapfaga iki ko bari basanzwe baturanye kuva kera?
bakubwira ko biyunze mu biki ? Ubwiyunge hagati y'abanyarwanda ni
buvugishweho ukuri.



Kugira ngo ubwiyunge bugere ku baturage aho bitungiwe n'isuka
mu utugari n'imirenge, hari ibishyitsi byashibutseho amacakubiri
bigomba kubanza kuvugana, bikiyunga noneho umwera ugakongera. Igika
gisabwa gufata iyambere, kigizwe

n'abatutsi bo muri FPR-Inkotanyi n'abahutu bahoze mu butegetsi
mbere ya 1994, ubu FPR ikaba ibagendaho hamwe n'abayobozi bingabo za
FAR banze kuba ibikoresho bya FPR-Inkotanyi no kwemera ibinyuranye
n'ibyo bazi ku marorerwa yagwiriye u Rwanda muri 1994. Ubwiyunge
hagati y'ibi bishyitsi buzorohereza abandi banyarwanda. Ariko kandi,
ni ukwirinda ruswa ishobora gukoreshwa n'abari ku butegetsi mu kugura
abantu ku giti cyabo nkuko byagenze kuri Jenerali Paul Rwarakabije.



Igika cya kabiri cyo gutegura ubwiyunge rurangiza hano mu
gihugu, ni ubushake bukwiye kugaragazwa n'ubutegetsi bwa Kigali
hamwe n'abatavuga rumwe nabwo (opposition démocratique) bakorera mu
Rwanda no hanze. Ubwo butegetsi bwa Kigali buvugwaho kuba bwiganjemo
abatutsi hamwe na ba « ndiyo bwana » b'abahutu, babukingiye ikibaba
ngo amahanga akunde yemere ko buri munyarwanda wese abwisangamo.
Twibuke kandi ko abatavuga rumwe nabwo biganjemo abahutu hamwe
n'abatutsi basanze ibyiza ari ukugendera kure ikitwa FPR-Inkotanyi
n'ibikorwa byayo.



Igika cya gatatu gikwiye guha amahirwe ubwiyunge, ni imitwe ya
politiki irwanya ubutegetsi bwa Kigali. Muri yo harimo irwana ku
uruhembe rwa politiki gusa, hakaba niyeguye imiheto yo kurasa
inzitizi ya demokarasi, amahoro n'ubumwe mu Rwanda. Muri izo
ntwaramiheto habonekamo Urugaga ruharanira demokarasi no kubohoza u
Rwanda (FDLR). Imwe muri iyo mitwe ya politiki igwa mu mutego w'uwo
bahanganye igashinjanya ibyaha ibi n'ibi kugera ndetse ubwo yanga
guhurira mu mpuzamashyaka. Igihe cyose iyo myitwarire n'imyumvire
izaba idahindutse, imbaraga zo kugeza igihugu ku bwiyunge
zizahazaharira bikomeye. Birakwiye ko ayo mashyaka n'imitwe ya
politiki byereka rubanda ko bishobora kumvikana hagati yabyo ndetse
no hagati y'abayoboke bayagize. Kumvikana tuvuga, si ukuba amacuti,
ahubwo ni ukujya inama, ni uguhuza umugambi, ni ukwirinda icyadindiza
inzira ndende yo kubohoza u Rwanda, ndetse ni ukutishyira imbere
ahubwo ugashyira imbere gahunda ishyigikira i bikorwa by'abacunguzi
n'inyungu z'abanyarwanda muri rusange. Ibi nibyo bizabaha intege zo
kujya impaka n'ubutegetsi butajenjetse bwa Jenerali Paul Kagame.



Icyo abanyarwanda bategereje kuri buri gika, ni ubushake bwo
kwicisha bugufi, kureka gutsimbarara no gushimishwa n'ibyubahiro
rubanda rutavanamo inyungu no kwirinda ku buryo budasubirwaho
politiki yo kwigizayo abandi banyarwanda. Ubwiyunge buva ku ubushake
impande zombi, kuko butagerwaho ku gahato nkuko FPR
ibyibeshyaho.Uretse ko buri wese agomba kwihatira kubwemera yegerana
na mugenzi we kuko icyo turwanira, ni u Rwanda kugira ngo
tuzarubanemo tunarurage urubyaro mu mahoro. Niba hari andi masomo
ategerejwe, azabonwa n'abataravuka !



UMUTEKANO

Amahoro ntashingira ku buryarya.
Eustache Gatarayiha


Amahoro n'umutekano ni ishingiro ry'umutuzo kuri kamere muntu,
ni intandaro kandi y'amajyambere y'igihugu n'abaturage bagituye. Aya
mahoro n'umutekano bisigaye byarabaye imvugo ya politiki mu Rwanda,
ntabwo ari ikintu gifatika gihagaze ahantu ku buryo cyakwerekanwa.
Umuntu niwe wumva ko afite amahoro kimwe n'uko umutekano we ariwe
ushobora kuwupima.



Kano karere dutuyemo, kajengerejwe n'umutekano muke. Nyamara
amanama hagati y'abayobozi bakuru b'ibihugu bikagize ntasiba
guterana. Ariko se ikivamo gitanga amizero y'ako gakangisho k'amahoro
ni iki ? Igihe kirageze ngo hashakwe isoko nyayo y'amahoro mu karere
biciye mu nzira zizira uburyarya n'urwango bamwe bafitiye abandi ku
mpamvu z'ubwibone n'agasuzuguro.



Hambere aha ba Perezida Kabila na Kagame bahuriye i Abuja muri
Nigeria ngo bumvikana ko bagiye guha umwuka mushya imibanire hagati
y'ibihugu byabo.

Havugwa ko ibyo bemeranyijeho bigenda bizenguruka ku barwanyi
ba FDLR, za ngabo ziyemeje guhatira Kagame kubaha abandi no kuvugana
nabo ku miyoborere y'igihugu cyabo.



Ikibazo cy'ingabo za FDLR ntabwo gikwiye gukomeza kuba
insanganyamatsiko mu mibonano irangwa n'uburyarya Kabila na Kagame
bagirana. Ziriya ngabo zarigaragaje bihagije, ubuyobozi bwazo muri
politiki bwatangaje ku buryo busobanutse icyo busaba Leta ya Kigali
ariko amacenga aranga agasubira.



Ipfundo ry'ikibazo ni politiki ya Kongo Kagame ashaka kuyobora
byanze bikunze. Ingabo za FDLR ntizigeze zigira uruhare mu
makimbirane ya Jenerali Prosper Nabyola na Koloneli Mutebutsi, ntaho
zihuriye n'amakimbirane ya Mutebutsi na Jeneral Mbuza Mabe mu bibazo
byabaye i Bukavu. Biratangaje rero kugira ngo abakuru b'ibihugu
bibiri bahure aho ku vuga kuri Mutebutsi na Nkunda n'uruhare rwa RDF,
basimbukire ku ngabo ziyemeje kubohoza u Rwanda. Mbese izo ngabo
nizifatira Nyagatare bizahuza Kabila na Kagame ?



Ni hashakwe umuti w'ibibazo bikomereye akarere aho bazasanga
FDLR yabunganira nayo ihamagarwe kuko bidateye isoni ! None se ingabo
zari zatabaye Leta ya Mzee L.D Kabila yugarijwe n'umwanzi, igihe
zaserukanaga n'iza SADC zimwaye he ? Ni kimwe n'ubuyobozi bwazo muri
politiki bwavuganye inshuro nyinsi na Loni ndetse n'ibihugu
by'ibihangange ku kibazo cy'umutekano mu karere k'ibiyaga bigari.



Ubundi, ikibazo Kongo yagombye kuvugana n'u Rwanda, ni
ukutivanga mu bibazo by'abakongomani bityo Kagame akagesa ubw'i
Nyarugenge kuko ubwo muri Kongo butari bwera, niyo bwakwera ntibwaba
ari ubwe. Ubutegetsi bwa hano mu Rwanda bukwiye guha Leta
y'inzibacyuho ya Kongo amahirwe yo kwisuganya no kwiremera
igisirikare Jeneral Kabarebe adaha amabwiriza.



Dore ubu ingabo zo mu karere ka munani ka gisirikare (8 ème
région militaire) zikorera mu ntara ya Kivu y'amajyaruguru zimaze
gucikamo ibice. Izo ngabo ziyoborwa na Burigadiye Jenerali Obed
Rwibasira zihabwa amategeko n'ubuyobozi bukuru bwa RDF. Kugeza ubu,
abasirikare bahoze ari aba RCD ML ya Mbusa Nyamwisi bitamuye kuri
ziriya ngabo zikoreshwa n'umwanzi wa Kongo. Kugirango Jenerali
Laurent Nkunda akomeze imyiteguro y'intambara, RCD yabaye imuhaye
ikindi gice kinini cy'ingabo ubu zerekeje Minova ku birometro 45 mu
majyepfo ya Goma aho zahuriye n'izaturutse hano mu Rwanda zambutse
ikiyaga cya Kivu.



Hagati aho, ingabo zisigaye mu karere ka munani zikoreshwa na
RCD-Goma nizo zimaze iminsi zesurana n'abacunguzi bo muri FDLR
hakurya iyo za Masisi na Rutshuro zibeshya ko ari ingabo za Leta ya
Kongo. None se ingabo za Kongo kano kanya zivanze na RDF mugihe
havugwa urwikekwe rw'intambara hagati yazo ?



Ingabo z'u Rwanda zarambutse muri Kongo no mu Burundi ngo
guhangana na FDLR da ! Ariko umenya koko bariya bacunguzi bafite
imbaraga koko ? Ngo banafite intwaro nshya zigezweho ! Ariko se igihe
batazigize ni ryari ? Koloneli Eric Murokore niwe wigeze kudusetsa
avuye i Nyunzu muri Katanga aho yari ahanganye n'abacunguzi. Yaravuze
ati : « Igihe bariya barwanyi bazavugwa hafi y'imbibi z'u Rwanda,
Kagame azemere imishyikirano cyangwa azayirwane wenyine. »

Nkuko Murokore abivuga rero, ubwo izo ngabo zitangiye
guhwihwiswa mu Rwanda no ku mbibi zarwo, ni ugutabaza ubuyobozi bwa
FDLR zikaba ziretse gukora mu mabano ; ariko kandi Kagame
akibwiriza !


UBUTABERA


Urukiko rwa gisirikare rwabonye abashinjacyaha.



Mzee Matiyasi Sekarama


Ku itariki ya 2 Nyakanga 2004 inama y'Abaminisitiri yarateranye
muri Village Urugwiro. Icyagaragayemo cyane ni uko yibanze ku bibazo
birebana n'ingabo. Abasirikare bo mu rwego rwo hejuru bazamuwe mu
ntera , ndetse na Jenerali Majoro Rwarakabije, Koloneli Jerome
Ngendahimana, Liyetona Koloneli Murenzi Evariste binjijwe
k'umugaragaro mu ngabo za RDF. Urukiko rwa gisilikare narwo
rwagenewe abashinjacyaha.



Inama y'Abaminisitiri yemeje iteka rya Minisitiri w'Intebe
rishyiraho Umushinjacyaha Mukuru wa gisirikare ariwe Kapitene
Christophe Bizimungu n'Umushinjacyaha Mukuru wa gisirikare wungirije
ariwe Liyetona Kayijuka Ngabo. Abo bombi kandi nibwo inama ya Leta
yari imaze kubazamura mu ntera.



Inama y'Abaminisitiri yemeje kandi ko abasilikare bakurikira bo
mu ngabo z'Igihugu bagizwe Abashinjacyaha ba Gisirikare:



01.OP 1554 Lt. Eugène Rutayisire

02.OP 1591 Lt. Emmanuel Rwankoko

03.OP 1935 Lt. Tharcisse Idahemuka

04.OP 1973 Lt. Joseph Costa Habyara

05. OP 1974 Lt. Augustin Hodari

06. OP 2025 Lt. Evariste Rurangwa

07. OP 2092 Lt. Eugène Murenzi

08. OP 2111 Lt. Charles Shema Gakuba

09. OP 2121 Lt. Pacifique Kabanda

10. OP 2122 Lt. Jean Fidèle Uwayezu

11. OP 2150 Lt. René Ngendahimana

12. OP 2420 Lt. Claude Kaberuka

13. OP 2515 Lt. Mupenzi Rujari

14. OP 2923 Lt. Damascène Kayitana

15. OP 3058 Lt. J. Claude Rutagarama

16. OP 3064 Lt. Turabumukiza Musaidi

17. AP 24445 S/Sgt Nzakamwita Faustin

18. AP 36463 S/Sgt Mukunzi Faustin

19. AP 41119 S/Sgt Rutagengwa Oswald

20. AP 44811 S/Sgt Kalima Etienne.



Iyo urebye, izamura mu ntera ku bayobozi b'ingabo bihuriranye
n'ishyirwaho ry'abashinjacyaha mu ngabo z'u Rwanda, byihishe inyuma
y'imigambi y'intambara haba muri Kongo cyangwa hano mu Rwanda. Izo
ntambara FPR imaze kubona ko abanyarwanda n'ingabo z'igihugu
bashobora kutayishyigikiramo ba Gashozantambara, ziri gutegurirwa
uburyo bwo gukangara no gukandamiza abafite imyumvire mishya ku
kibazo kiri mu Rwanda hakoreshejwe inkiko za gisirikare. Muritege
inkurikizi z'ayo maraso mashya mu ngabo za RDF kandi mube menge
banyarwanda !



UBUKUNGU N'IMIBEREHO MYIZA Y'ABATURAGE



"Business" muri Kigali yabonye beneyo.



Agnès Numukobwa



Kigali, umurwa mukuru w'u Rwanda irimo gukura ku ntambwe
abanyarwanda basanzwe badashobora gukurikira. Ubu umugi wa Kigali
usigaye uzamukamo amazu ahekeranye nk'ibihepfu ku mugina wo mu
mukenke. Muri make, imyubakire isigaye ari umwihariko w'abafite
agatuza kabahesha amafaranga atubutse.



Ikiguzi cy'ubuzima muri Kigali gisa n'icyazamuwe nkana kugira
ngo abatifite ari nabo rubanda nyamwinshi bahezwe mu murwa mukuru
wabo. Ibi byatangiranye no kwirukana abakozi baciye hasi nk'abazamu,
ababoyi n'abayaya igihe bashyirwagaho amananiza yo gushaka
ibyangombwa bidasanzwe iyo bakomoka.



Amananiza agezweho ni ayo kuzitira abacuruzi baciriritse bo mu
rwego rwa Kiosques.

Ubuyobozi bw'umugi wa Kigali bumaze gufata icyemezo nyamara
kigawa n'abaturage, cyo gusenya mpunyu hakazamurwa ruriba ! Izo
mpunyu ni za Kiosques twese dusanzwe tuzi muri Kigali. Ruriba
igezweho ngo ni za Kiosques zigera kuri 33 zikozwe mu birahure zigiye
kubakwa muri Nyarugenge. Ikiguzi gisabwa ushaka kuyikoreramo, kirenga
miliyoni esheshatu z'amafaranga y'u Rwanda (6.000.000 Frws). Iyi
nkuru yatangaje abatuye Kigali kugera ubwo bemeza ko umurwa mukuru
ubaye umwihariko w'abakoresha imali ya FPR-Inkotanyi cyangwa
abanyarukiye muri Kongo bakivanirayo utubuye tw'agaciro.



Kwigizayo abandi kwa FPR muri Kigali, ngo byaba ari umugambi
muremure wo gushinga ibirindiro mu buzima bwose bwa buri munsi cyane
cyane yigarurira ubukungu bw'igihugu bwo shingiro ry'ubutegetsi
n'ingufu za gisirikare.



Ababikurikiranira hafi rero barasanga abazamuye ariya magorofa,
ari nabo bagiye kuyakikiza za kiyosiki z'ibirahuri, zimwe zigaragaza
ibicuruzwa ku bahisi n'abagenzi haba ku manywa cyangwa ninjoro. Ibi
birumvikana kuko si uwari usanzwe afite aga kiyosiki acururizamo
isukali n'umunyu, uzahabwa icyo kibanza atazashobora kukishyura.



Abenshi rero baribaza uko bazamera k'uburyu mu mugi hose usanga
bavuga bati ubutegetsi bw'umugi budusubije ku isuka. Abandi bati nta
kundi byagenda ni ukuba ba Ruteruzi aho kwicwa n'inzara !

Hari abibaza kandi niba Kigali yubakwa mu kindi gihugu kitari u
Rwanda ; kuko iyo ugeze muri Rwamiko ugasanga abana barwanira
guhekenya imizi y'ibiti, wagera i Kageyo, Ndiza, Rutsiro, Gatare
n'ahandi aho abana bambaye ubusa badashobora guhinguka ku bigo
by'amashuli, naho muri Gashora n'ahandi basama isazi, wibaza icyo
imyubakire ya Kigali imariye abaturage kikakuyobera. Ubundi rero,
imyubakire n'iterambere rivugwa muri Kigali ntabwo bikwiye namba
gufatwaho igipimo cy'amajyambere y'igihugu. Ahubwo Kigali irimo
kugenda yibera umudugudu w'abayishinzemo amababa muri 1994.



AMAKURU ANYURANYE



Afurika yunze ubumwe mu gifuma cya FPR-Inkotanyi.



Sylvestre Nsekanabo



Imyaka ibaye icumi amahanga agirwa inama zo kwirinda kugwa mu
mutego wa leta ya FPR iyobora u Rwanda muri iki gihe. Izo nama zagiye
zitangwa ahanini mu ubuhamya n'isesengura byakozwe n'abantu
banyuranye barimo abanyamakuru, abahanga muri politiki y'akarere
dutuyemo, abadiporomate, abashakashatsi, abanditsi, abanyepolitiki
bahoze muri FPR-Inkotanyi ndetse n'abasirikare ba APR bahunze igihugu.



Igiteye impungenge, ni uko impanuro zishingiye ku bikorwa
bifitiwe gihamya bikomeza guhishirwa ahubwo ikinyoma kigakomeza
guhabwa intebe. Tumaze iminsi dukurikira kuri Radio Rwanda ngo ko
Omar Konarry wo muri Afrika yunze ubumwe yahakaniye u Rwanda ko nta
ruhare rwagize mu mirwano y'i Bukavu. Ibi byo ni politiki ishaje
itagombye gushyirwa imbere n'uriya muryango mushya wasimbuye OUA !!
Dore nk'ubu iperereza ry'akanama gashinzwe amahoro ku Isi rimaze
gutangaza icyegeranyo kigaragaza uruhare rukomeye ingabo za RDF na
Guverinoma y'u Rwanda byagize mu ntambara ya Bukavu, igihe
bashyigikiraga Nkundabatware na Mutebutsi. Icyo cyegeranyo gishinja u
Rwanda kuba rwaratanze intwaro n'ingabo n'ibikoresho by'itumanaho.
Naho ureke Paul Kagame wikirigita agaseka ngo bamuhanaguyeho icyaha
nawe azi neza ko yakoze !



Ubundi uhishira, abikorera abashyize hamwe. None se abo
banyamahanga bazahishira ibikorwa twikorera twe abanyarwanda kandi
tutabyumvikanaho hagati yacu ?



Inama ya Afurika yunze ubumwe yateraniye i Addis Abeba yaranzwe
n'imikorere ibogamye, iteranya aho gukiranura abafitanye ikibazo.
Igihugu cya Kongo-Kinshasa kinubiye ishyirwa ku murongo w'ibyigwa
ry'ikibazo cy'ubwenegihugu muri Kongo. Ntabwo amakoraniro y'abakuru
b'ibihugu barimo n'abicanyi bamaganira kure demokarasi mu bihugu
byabo bakwiye kwivanga mu mu nshingano za guverinoma, inteko
nshingamategeko n'izindi nzego z'ubutegetsi bwa Kongo. Aho bukera
ahubwo barasaba Kongo guhindura ibendera n'indirimbo yubahiriza
igihugu !

Kubera kwivanga kwa Afurika yunze ubumwe mu bibazo bya Kongo,
byatumye icyo gihugu gitangaza ko niba imikorere y'uwo muryango
idasubiwemo gishobora kuwuvamo. Bishobora kuba ari no muri urwo rwego
habaye ihinduranya muri Leta ya Kinshasa (Remaniement), kugira ngo
hashyirweho guverinoma yo kurwana urugamba igihugu kiri gushorwamo.



Nyuma y'aho Perezida Kagame agarukiye mu Rwanda avuye muri iyo
nama, amayoga yaranyowe ngo igitego cyarinjiye ! Igitego cyarinjiye
kubera guhakana uruhare rw'ingabo z'u Rwanda mu mirwano y'i Bukavu,
igitego cyarinjiye kandi kuko Kagame yatashye atangaza ko ingabo
z'Inkotanyi zigera ku 100 zizajya mu bikorwa byo kubungabunga amahoro
mu ntara ya Darfour mu gihugu cya Soudan. Abakomeje kubijyaho impaka,
bibaza ukuntu ingabo za APR zakoherezwa mu bikorwa by'ubutabazi kandi
zizwiho ibikorwa bihohotera uburenganzira bw'ikiremwamuntu.



Ingabo za APR isi yose iziziho kuba abicanyi kabuhariwe uhereye
kuri shebuja mukuru Général Paul Kagame ; ingabo za APR zikoreshwa
mu bikorwa by'ubusahuzi ; ingabo z'Inkotanyi ni ubuturo bw'icyorezo
cya SIDA ; izo ngabo zifata abagore n'abakobwa ku ngufu ; ingabo
zishe impunzi z'abanyarwanda n'abarundi muri Kongo ; ingabo
zikoreshwa mu bitero byo kwigarurira ubutaka bw'igihugu cy'amahanga ;
ingabo zica abaturage zishinzwe kurengera ; ingabo zikorera ku
murongo wa politiki ivangura kandi ipyinagaza ; ingabo zifite
ubuyobozi bukorera ku irodakoko n'ibindi.



Impamvu isumba izindi ituma APR itagombye guhabwa inshingano zo
kubungabunga umutekano mu rwego rw'ubutabazi, ni uko muri 1996 izo
ngabo zasenye amakambi y'impunzi yari yarashinzwe na Loni mu
uburasirazuba bw'icyahoze kitwa Zaïre zikaboneraho no gutsemba
impunzi zari ziyakambitsemo.



Ntakaburimvano !

Patrick Mazimpaka, igikomangoma cyo muri FPR-Inkotanyi ari mu
mwanya w'ubuyozi mu nzego z'umuryango wa Afurika yunze ubumwe. Ibyo
byamuhaye umwanya utagira uko usa wo guhatanira inyungu za leta-
nkotanyi mu rubuga rwa Afurika. Uwo ni umusanzu yiyemeje gutera
ishyaka rye riyobora igihugu mu bihe bitaryoroheye by'amahindura ya
politiki mu karere k'ibiyaga bigari. Nakenyere ahangane na Loni !



AMAKURU ASHYUSHYE



Liprodhor, igitambo cy'abaharanira ubutabera.



Innocent Rucikoma



Uburenganzira bw'ikiremwa-nyarwanda buranze burabyinagiwe ! Ibi
biravugwa hirya no hino mu gihugu nyuma y'icyegeranyo cyashyizwe
ahagaragara n'akanama k'aba depite 10 kahawe inshingano zo gukora
ipereza ryo gupima aho imyumvire y'abanyarwanda igeze inenga
ingengabitekerezo ya FPR-Inkotanyi. Muri rusange, ipereza ryasanze
FPR isa n'imaze imyaka 10 igosorera mu rucaca ku buryo uretse gukoma
yombi ngo babone bucya, abanyarwanda bamaze kurambirwa ubutegetsi
busa n'ubwabacancuro.



Hagati aho, byabaye ngombwa ko hashakwa abagerekwaho iyo
mpinduka

mu mitekerereze y'abanyarwanda. Nk'uko bisanzwe, n'ubundi
abasanzwe bashinja Leta ko ihohotera rubanda biswe abatoza
b'imyumvire mibi. Liprodhor rero yashyizwe mu majwi isabirwa no
guseswa.



Gusesa Liprodhor, biraboneka ko ari umugambi ntakuka ubutegetsi
bwa Jenerali Kagame bufite wo kuniga uburenganzira bw'ikiremwa-muntu.
Birerekana kandi ko ubwisanzure mu gutanga ibitekerezo muri uru
Rwanda bwambuwe abaturage.



Gusesa umuryango nka Liprodhor ukomeye mu kurengera
uburenganzira bwa muntu, umuryango wiyemeje kuvuganira abatagira
uruvugiro kandi aribo benshi mu Rwanda, ni icyemezo gihutiweho mu
buhubutsi bukabije. Iyo urebye igihagararo cya Liprodhor muri
sosiyete sivile nyarwanda, ntiyagombye guhungabanywa n'ingirwa raporo
ya kariya kanama kahawe inshingano zo kubungabunga ubusugire
bw'ingoma y'Inkotanyi.



Igikomeje kuyobera abantu, ni uburyo bene iriya myanzuro ifatwa
abayobora Liprodhor badahawe umwanya wo kwisobanura ku birego
bayibonaho. Umuco mubi wo guhana uwo utabanje kumva ni intandaro yo
gushyira mu bikorwa ibyemezo bishingiye ku gitugu. Ibi rero ntabwo
bikwiye kwihanganirwa.



Nibyo koko Liprodhor kimwe n'indi miryango ntabwo iri hejuru
y'amategeko ; ariko kandi ayo mategeko naturebe twese nibwo azagira
agaciro. Niba amategeko tugenderaho hano mu Rwanda azakanda abatavuga
rumwe n'ishyaka riri ku butegetsi ndetse ryabugiyeho ribwibye, ntacyo
amaze ndetse akwiye guseswa hakajyaho ubutegetsi bushobora gushyiraho
amategeko nabwo buzemera kubahiriza.



Umuryango Liprodhor umaze kabiri urebana ayingwe n'ubutegetsi
bwa FPR kuva muri 1994. Ibi ahanini ni uko ariwo muryango watinyutse
ugahangara abidishyi n'abamotsi bakuru b'Inkotanyi ubabuza kugaragura
ndese no gukomeza ibikorwa byo kwica abaturage b'abahutu n'abatutsi
batemera umugambi mubisha wa Kagame. Uyu muryango wagaragaje bihagije
ko uharanira koko kurengera ubuzima bw'ikiremwa muntu. Ingaruka.
Ingaruka z'ibi bikorwa ni uko abantu bitegereje bagasanga ibyo
Liprodhor yabuzaga cyne FPR gukora ari itsembabwoko ryibasiraga
abaturage b'abahutu. Ibi nibyo byatumye imvugo « double génocide »
yamamara mu Rwanda ndetse no hanze.



Kubuza amahwemo Liprodhor, ntabwo ari ibya none. Kuva yatangira
gutunga agatoki bamwe mu bategetsi bahohotera abaturage, abayobozi ba
Liprodhor bagiye batotezwa kugera ubwo bahunga igihugu umusubizo.
Muri iki gihe, hari bamwe muri abo bayobozi bahawe ubuhingiro mu
bihugu by'iburayi. Mu gihe twandika iyi nkuru, twamenye ko abayobozi
batatu ba Liprodhor bamaze gusimbuka umupaka bakaba bakandagiye mu
gihugu cya Uganda. Abo ni Aloys Bizimana, Robert Niyibizi na
Barthazar Nsengiyumva. Ihunga rya bariya bagabo riri mu rwego rwo
kwizibukira inkurikizi zuzuye ubugome zishobora gukorerwa abayobozi
ba Liprodhor nyuma y'ingirwa raporo yakozwe ku imyumvire mishya
y'abanyarwanda kuri jenoside.




ABATWANDIKIYE




Abagizi ba nabi baragororewe!



Inkuru ya Jonathan Bigega

Akarere ka Bungwe- Byumba



Basomyi b'Umutabazi,

Ndabasuhuje, muhorane ubutwari ! Mwibuke ariko gushimira no
gukomeza abatabazi batugezaho aka kanyamakuru kubaye urubuga rwo
kwisanzuriramo. Nibakomereze aho turi kumwe.



Maze rero, kuvuga ni ugutaruka. Nahunze muri 1990 intambara
igitangira, mpungana n'umuryango tunyura mu makambi anyuranye kugera
Nyacyonga. Muri iyo nzira y'umusaraba ntari bwirwe nsubiramo,
natakaje ababyeyi, ntakaza abana nyuma n'uwo twashakanye Inkotanyi
zimutsinda Nyacyonga mu mpera za Mata 1994. Muri make nabaye imfubyi,
mba incike ndetse ndapfakara nsigara ndi ikinege.



Hagati aho, ibyambayeho bijya byenda kunsaza nkagarurwa n'uko
amarorerwa nagiriwe n'ingabo za FPR-Inkotanyi atari umwihariko wanjye
gusa, ko ahubwo ari akaga n'amahano byagwiriye u Rwanda muri rusange.
Ntabwo bikiri ibanga n'ubwo urebye nabi wabizira, uwavuga ko ba
afandi b'inkotanyi ku isonga hari Jenerali Paul Kagame aribo
baduhekuye yaba avuze ukuri. Ibyo kandi niko n'amahanga abibona
n'ubwo aterura bwose ngo asabe ko nabo bashyikirizwa TPIR Arusha ngo
tuzumve nabo aho bisobanura. Abatangabuhamya bo kubashinja kandi sibo
babuze !



Ikinyuranije n'ibyifuzo by'abaturage, ni uko abo bicanyi barimo
gukomezwa, bazamurwa mu mapeti kugira ngo abongerere igitinyiro. Kuwa
2 Nyakanga 2004, inama ya leta yagororeye abashoboye gushyira mu
bikorwa umugambi mubisha wa Jenerali Kagame wo kuturimbura.

Ba Jenerali Majoro Gatsinzi Marcel na James Kabarebe bagizwe ba
Jenerali full.

Ba Brigadiye Jenerali Karoli Kayonga na Karoli Muhire bagizwe
ba Liyetona Jenerali, mu gihe Jenerali Majoro Kayumba Nyamwasa
yazamuwe akaba Liyetona Jeneral. Ba Brigadiye Jenerali Fred
Ibingira, Caesar Kayizari, Karenzi Karake, Laurent Munyakazi, Martin
Nzaramba, Patrick Nyamvumba bagororewe ipeti rya Jenerali Majoro. Ba
Koloneli Alegisi Kagame, Andereya Rwigamba, Frank Rusagara, Yohani
Bosiko Kazura na Yakobo Nziza, bahawe ipeti rya Brigadiye Jenerali.
Abo bose bazwiho kuba barayoboye ibitero byatsembye abaturage
b'abasivili kuva muri 90 kugera muri 94 na nyuma yaho.

Dore nka Jenerali Kayumba Nyamwasa yishe abahutu batagira
ingano mu karere kari hagati ya Nyagatare, Matimba na Kiziguro muri
Mata 1994. Ashinjwa kandi ubwicanyi bwakorerwe abahutu ba Kibali,
Kinyami na Murambi ho muri Byumba. Agaco ke kanashinjwa kuba
karajonjoye abahutu bo kwica i Rutare hagati ya Mata na Nyakanga
1994.

Jeneral Karoli Muhire, mu gihe yayoboraga burigade y'i 102
(102è Bde), yagabye ibitero byanyuze Mulindi, Mukarange, Rutare, Giti
yambuka Muhazi akomereza i Gikomero, Jurwe, Kinyinya, Kibagabaga,
Remera kugera muri CND. Ashinjwa ubwicanyi bwakozwe muri ayo mayira
ariko cyane ubwabaye i Rutunga, Nduba na Kinyinya. Ibikorwa
by'abandi basirikare ba APR nzabitangaza ubutaha.

Hagati aho, ba bagambanyi baherutse kugera ino bamaze gutatira
igihango cy'ingabo za FDLR nabo baributswe. Uko baje ariko, siko
bose bibukiwe rimwe umenya ba Bavugamenshi aribo babaye batijwe
utwanya mu ngabo za RDF zimwe zahoze ari APR. Muri bo, Pahulo
Rwarakabije wahoze ashinzwe ibikorwa by'imirwano muri Etat Major ya
Gendarmerie muri 1994, yagumanye ipeti rya Jenerali Majoro nkuko
FDLR yari yarimuhaye. Hari kandi Yoronimu Ngendahimana nawe warekewe
irya Koloneli nkuko urugaga FDLR rwari rwarimuhaye akirurimo.
Ivarisiti Murenzi alias Mwalimu, yarekewe iry'ubucunguzi rya Liyetona
Koloneli. Twibuke ko uyu Ivarisiti Murenzi, muw'i 1994 yari umwe mu
aba ofisiye bakuru bo mu umutwe wari ushinzwe kurinda Perezida
Habyarimana (Bn GP) umutwe wakunze kwikomwa cyane na FPR-Inkotanyi
kubera kuyizitira igihe kirekire mu kutugeza aho yashakaga.

Ariko se ubutabera mpuzamahanga nabwo buzikanga intugu
ziremereye ? None se muribo ninde musirikare uruta ba Jenerali
Ndindiriyimana, Bizimungu, Grasiyani Kabiligi n'abandi ba Ofisiye
bakuru nka Renzaho Tharcisse bari kuzira ko banze gutererana
abaturage ngo bagambane kandi binyuranye n'indahiro yabo ikomeye yo
kurengera igihugu n'abagituye ?


----- Original Message -----

From: Umutabazi J-Bimensuel
Sent: Friday, July 16, 2004 5:05 PM
Subject: Fwd: Umutabazi No 13 Nyakanga 2004


 
 
16-07-2004
© RWANDANET 2004



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13/07/2004

Lettre ouverte de Jean Mbanda aux « dirigeants » des familles politiques (Kigali, le 05.05.2000)

 Lettre ouverte aux « dirigeants » des familles politiques

FPR, MDR, PDC, PDU, PSD, PSR, UDPR

Mesdames, Messieurs,

Je prends la respectueuse liberté de venir auprès de vous afin de vous signifier mes appréhensions quant au rétrécissement progressif de l’espace démocratique au Rwanda constaté au cours de ces dernières années. J’estime que j’ai le devoir civique comme n’importe quel autre citoyen rwandais « conscient », de dénoncer à temps l’autoritarisme au Rwanda, au moment où tout le monde affirme que, c’est ce genre de mauvaise gouvernance qui a conduit notre pays dans les différentes crises cycliques, dont le paroxysme aura été atteint avec la réalisation du génocide perpétré par une partie des rwandais contre une autre, en avril 1994. D’aucuns diront que c’est un suicide (ou une folie) que je fais en posant cet acte (sans se rendre compte qu’ils confirment mes appréhensions !!) et certains autres ne manqueront pas de calquer ladite action sur une recherche de tapage publicitaire. Aux uns comme aux autres, je dirai qu’ils sont loin de la vérité, même si je peux comprendre que de longues années vécues dans la terreur, développent chez certains individus des mécanismes de défense pouvant les conduire, au nom de la survie, à poser des actes désavoués silencieusement par leur conscience.

Si je prends mon courage à deux mains pour ouvrir ce genre de débat, c’est d’abord parce que je suis de ceux qui croient qu’un bon gouvernement, c’est celui qui privilégie moins la paix que la liberté de son peuple, c’est aussi parce que notre loi fondamentale qui protège la liberté d’_expression me permet de croire qu’un Rwandais habitant le RWANDA et situé en dehors du Forum des partis et du Club des réfugiés politiques peut tenter de raisonner sainement et de partager ses opinions aux autres, en servant uniquement la PATRIE et sans être inquiété, c’est ensuite parce que le pouvoir en place actuellement , affirme souvent qu’il est ouvert au débat pluriel et contradictoire et que je le crois, c’est enfin fondamentalement parce que pendant ce trimestre de deuil national, je me sens interpellé par la mémoire des braves combattants qui ont beaucoup lutté pour l’instauration de la JUSTICE et de la SOLIDARITE au RWANDA, je cite Monsieur Ignace RUTAHANA, Monsieur Fidèle KANYABUGOYI, Monsieur Cyprien RUGAMBA, Monsieur Pierre Claver KARENZI, Monsieur Calipophore GATERA et bien d’ autres. Ils s’étaient re fusés d’adhérer à un quelconque parti politique malgré les sollicitations multiples et isotropiques des différents ………………….(une ligne de texte illisible).

Ils sont partis (requiescat in pace) et nous sommes là. Pourquoi, sinon pour pouvoir prendre le témoin et les relayer en honorant ainsi une dette politico-morale envers eux ? Avec eux, on comprenait facilement et l’atmosphère politique était respirable. Sans eux, tout s’est assombri. Je vous écris donc pour solliciter de votre part un peu de lumière en ce qui concerne la compréhension de certains concepts politiques tels que : PARTIS, TRANSITION, LEADERS POLITIQUES, DEMOCRATIE, JUSTICE, SOLIDARITE, DEVELOPPEMENT, DROITS DE L’HOMME, ETAT DE DROIT, etc.

Dans ce qui va suivre, je vais m’interroger en premier temps et avec vous sur les PARTIS POLITIQUES, LA TRANSITION POLITIQUE au RWANDA et le PROFIL des CHEFS de « PARTIS » et je reviendrai sur les autres points d’ombre dans une correspondance ultérieure si Dieu le permet.

  1. DES PARTIS POLITIQUES AU RWANDA

Les travaux combinés des chercheurs comme Max Weber, Tocqueville, Jean Charlot, Maurice DUVERGER et surtout Joseph La Palombara et Myron Weiner nous ont montré que pour qu’une association soit identifiée comme parti politique, il faut qu’elle remplisse concomitamment les critères suivants :

  1. Une organisation durable, dont l’espérance de vie est supérieure à celle de ses dirigeants en place. Ce critère différencie les partis avec de simples clientèles, factions et camarillas qui, elles, disparaissent avec leurs fondateurs et animateurs.

  2. Une organisation bien établi, entretenant des rapports réguliers et variés à l’échelon national. Ce critère singularise le parti par rapport au simple groupe parlementaire.

  3. La volonté délibérée des dirigeants nationaux et locaux (de ladite organisation) de prendre et d’exercer le pouvoir, seul ou avec d’autres. Ce critère différencie les partis des groupes de pression qui, eux, n’existent que pour influencer le pouvoir.

  4. Le souci de rechercher le soutien populaire à travers les élections. Ce critère oppose les partis aux clubs qui, sans vouloir entrer ouvertement dans le combat politique, jouent souvent le rôle de « brain-trust » d’un leader ou de laboratoire d’idée d’un parti.

  5. La capacité enfin, de concourir à la formation et à l’_expression de la volonté politique. Ce critère précise bien les fonctions du parti qui sont de trois types : former l’opinion, sélectionner les candidats et encadrer les élus.

Après lecture de ces critères, pensez-vous que ce que vous prétendez diriger, chacun en ce qui le concerne, peut être identifié comme parti politique ? Croyez-vous qu’il y a une seule famille au RWANDA remplissant au moins un des cinq critères ci-haut mentionnés même s’il faut les réunir tous pour être qualifié de parti politique ? D’après vous, sommes-nous dans un système multipartisan, bipartisan, à parti dominant ou à parti unique ? Quelle idée vous faites-vous des Rwandais quand vous tentez de leur faire croire que par exemple le PSR ou l’UDPR sont des partis politiques au même titre que le PSD ou le FPR ?

Que pouvez-vous dire de l’assertion qui affirme qu’actuellement, le renforcement des partis en programmes et moyens transforme ce dernier en COMITE CENTRAL D’UN PARTI UNIFIE avec des sections du genre DEMOCRATIE et REPUBLIQUE, DEMOCRATIE SOCIALE, DEMOCRATIE LIBERALE, UNION POPULAIRE, etc… ?

A votre avis, y a-t-il des moyens autres que le multipartisme réel, qui nous permettrait d’endiguer une nouvelle crise éventuelle pouvant générer des débordements de toutes sortes ? Vous arrive-t-il d’avoir le courage de traiter avec objectivité ces questions ? Sinon, vous rendez-vous compte alors que vous êtes entrain de d’hypothéquer l’avenir d’un peuple qui, sorti des affres du GENOCIDE, vous a cru et a adhéré béatement à votre discours ? Et « l’histoire » ? Pensez-vous qu’elle pourra vous ménager lorsqu’elle devra prononcer son verdict ? Et si par malheur « le pouvoir personnel » que vous êtes entrain d’instaurer nous conduisait dans des malheurs presque similaires à ceux que nous avons traversés, auriez-vous le courage de ne pas vous cacher dans la quatrième catégorie et vous afficher vous-mêmes dans la catégorie n°1 (souvenez-vous que la catégorisation des responsabilités est de votre génie !)

Le troisième critère précise que pour qu’une association soit qualifiée de parti politique, il faut que ses dirigeants soient animés d’une volonté délibérée de prendre et d’exercer le pouvoir. Comment interprétez-vous cela ? Pensez-vous que la lecture machiavélique de la politique est la seule possible ? Ceux qui ont lu le PRINCE de MACHIAVEL se souviennent-ils de la récompense que César Borguia réserva à Messire Rémy d’Orque, et qui fit tout le peuple demeurer en même temps sat isfait et stupide ? Non, faites-moi réellement comprendre ce que vous entendez par PARTIS POLITIQUES et ce que vous attendez d’eux ! Si vous ne savez pas cerner la dimension réelle d’un parti politique, alors dites-vous bien que vous êtes entrain de nous enfoncer profondément dans une crise anomique, l’anomie étant l’indicateur d’une société sans structures, sans normes et sans préceptes de comportement de sorte que l’individu ne sait comment orienter sa conduite ! Toujours à propos de l’anomie, je me dois de vous rappeler que son corollaire est l’émergence de « montreurs de conduite » et d’agents charismatiques que vous semblez pourtant tant redouter. Ese mwebwe bayobozi b’amashyaka, iyo mubuza abayoboke b’amashyaka yanyu kubagira inama muvuga ngo : « NIMUSIGEHO BATATUMENA » ubwo muba muvuga neza ubutegetsi murimo ? Ese iyo mvugo yo kumena mwumva iba idashinja ubutegetsi kandi wenda atari byo ? Ese uko mubizi ibyadutse byo « GUTESHA ABAYOBOKE UMURONGO » ni imyitwarire iranga ingoma zimeze zite ? Harya uko mubizi hari ishyaka rigizwe n’umuntu umwe cyangwa agatsiko gafite ibyo kumvikanaho ribaho ? Oya nimusigeho ! ! !

  1. DE LA TRANSITION POLITIQUE AU RWANDA

Politiquement et dans le cas concret du RWANDA, la transition a été perçue comme un espace temporaire qui devait permettre le passage sans heurts d’un Etat TOTALITAIRE à un ETAT de DROIT. S’il est vrai qu’un ETAT de DROIT ne peut être installé du jour au lendemain, il n’est pas moins vrai que la grande appréhension qui habite souterrainement les pudiques non dits des Rwandais est de savoir si un jour leur patrie deviendra enfin un ETAT du DROIT qui serait plus juste qu’un ETAT de DROIT.

Cette appréhension est apparemment fondée sur les interrogations suivantes pour lesquelles les abaturage ne trouvent pas de réponse et que je vous prie de m’aider à élucider.

  1. Le transition telle que pensée et proposée à Arusha a-t-elle jamais été commencée ? Si elle a commencé, peut-on savoir quand et comment ? Peut-on aussi savoir quand et comment elle pourra se terminer ? Quels sont les mécanismes de suivi et d’évaluation de la réalisation de la transition, qui devraient nous prémunir, contre « l’artisanat » politique et nous épargner de voir la prorogation d’échéance de la période susmentionnée se faire selon la simple volonté de quelques dirigeants, alors que ça devrait être une affaire d’Etat ? Peut-on savoir si ce qui était Gouvernement de Transition à Base Elargie (GTBE) est devenu Gouvernement d’Union Nationale ? Si l’union nationale peut être considérée comme un leitmotiv contenant le message de tout un programme, pourquoi alors l’Assemblée Nationale de Transition n’a-t-elle pas été appelée également Assemblée Nationale d’Union Nationale ? Ne pensez-vous pas que ceci aurait le mérite de « gommer » la transition, de privilégier la COHERENCE et d’expliquer le mode d’agissement consensuel que l’ANT a actuellement adopté contrairement à la loi fondamentale ? Puisqu’on parle de l’Assemblée Nationale de Transition, peut-on savoir à qui rendent compte les honorables membres de cette auguste institution ? A leurs propres partis politiques qui sont pressentis comme étant leur « réelle » circonscription ? Non, parce que tout montre qu’ils échappent au contrôle des pseudo-dirigeants de partis politiques. A qui alors ? Au FORUM ? Au Président de la République ? Au peuple ? A qui réellement ? Doit-on les observer avec impuissance, enfreindre avec persistance la loi fondamentale et les autres lois kandi binyuranije n’indahiro yabo ? Kubirebera utagize icyo ubivugaho ntibwaba ari bumwe mu buryo bwo kwimakaza ingeso yo kudahana ? Nimutiga kubivuga mu nzibacyuho se ni ryari muzabivuga ?Ese abo BADEPITE b’ubumwe ko badatinyuka gutumiza Perezida wa Repuburika (cyangwa se minisitri w’ingabo) kugira ngo asobanurire abaturage iby’intambara ibugarije, bategereje ko yibwiriza ? Ese aho ntibaba ari abadepite ba Perezida kurusha uko ari abadepite b’amashyaka cyangwa kurusha uko ari abadepite b’abaturage ? Ari byo se ubwo twaba turi mu nzibacyuho koko cyangwa ibintu byaba byarakomereje aho byari bigeze ?

  2. Certains auteurs (W.A LEWIS) affirment que le parti unique marque l’aboutissement d’une évolution qui part du multipartisme, passe par le bipartisme inégalitaire pour arriver au parti unifié, dernière étape avant la parti unique. Les raisons avancées pour l’évolution vers le parti unique sont partout les mêmes et sont sous-tendues par trois arguments principaux à savoir : l’intégration nationale, la modernisation économique et l’homogénéité sociale ! Ne pensez-vous pas que ce cliché fait actuellement autorité au Rwanda ? Autrement dit, ne croyez-vous pas que vous confondez sciemment TRANSITION et L’EVOLUTION précitée ? N’a-t-on pas l’impression que lors des négociations, certains ont accepté la transition en la concevant comme un conclave dans lequel ils allaient fondre toutes les conventions (Accords de paix et autres) pour les verser dans un moule étudié afin de produire à la sortie un pouvoir « sur mesure et sans partage » ?

  3. Au milieu des années 50, Carl Friedrich a caractérisé le totalitarisme par six traits fondamentaux et la lecture de Z. Brzezinski, et D. Colas permet de les compléter avec quatre autres. Nous pouvons donc dire que le totalitarisme qui est synonyme de dictature se définit par la réunion de dix critères suivants qui doivent tous être présents pour que la notion soit appliquée avec validité.

    1. Une idéologie officielle constituée d’une doctrine officielle couvrant tous les aspects vitaux de l’existence humaine et à laquelle tous ceux qui vivent dans la société sont supposés adhérer, au moins passivement.

    2. Un parti de masse unique comprenant un nombre relativement faible de la population totale (pas plus de 10%) d’hommes et de femmes dévoués avec passion et sans réticence à l’idéologie et cherchant par tous moyens à promouvoir son acceptation généralisée. Un pareil parti est organisé sur un mode strictement hiérarchique et oligarchique.

    3. Un quasi monopole, techniquement conditionné, du pouvoir sur tous les moyens de combat armé effectif. Ce monopole est entre les mains du parti et de ses cadres, c’est-à-dire soit de la bureaucratie, soit des forces armées.

    4. Un quasi monopole, techniquement conditionné, du pouvoir sur tous les moyens effectifs de communication. Il est lui aussi dans les mains du parti.

    5. Un quasi monopole des moyens de production et de l’économie dans son ensemble qui obéit à une planification centralisée.

    6. Un système de pouvoir policier terroriste, s’appuyant sur les monopoles de la violence et des moyens de communication, qui n’est pas seulement dirigé contre des « ennemis » du régime mais aussi contre des catégories arbitrairement sélectionnées de populations.

    7. Le passage des catégories de la guerre à celle de l’hygiène sociale consistant à stigmatiser certains groupes comme nuisibles, parasitaires et quelques fois assimilés à des insectes dont la dangerosité ne tient pas à une volonté malveillante mais à une malfaisance naturelle. Ici apparaît la naturalisation du social qui est très voisine et pire que le racisme.

    8. La fusion du parti-Etat et de la société civile qui consiste à voir les cadres du Parti-Etat envahir (ou récupérer) la direction des groupes d’intérêts (organisation professionnelle, syndicats ouvriers, groupements féminins, associations à revendications paysannes, etc…) et celles des groupes d’idées (groupements idéologiques et confessionnels, groupements de condition, société de pensée et les clubs).

    9. A condamnation de la moindre espace de liberté dans la famille, la société civile ou l’Etat. Le parti veut tout savoir sur tout et partout.

    10. Le projet de construire une société régulée par une idéologie unique, commandée par un parti-Etat unique, visant à produire une société unifiée où les divergences et la compétition ne sont point tolérables et qui finit par échouer soit part l’apparition d’une caste bureaucratique elle-même clivée en groupes rivaux, soit sur la répression de masse, soit sur la faillite économique.

 

En comparant la situation politique qui prévaut actuellement dans notre pays et celle qui prévalait avant avril 1994 à cette grille de définition de la dictature, y a-t-il l’un ou l’autre critère qui n’était pas rempli avant 1994 ? Y en a-t-il un seul qui ne soit pas rempli actuellement ? Pouvez-vous vous appuyer sur la réponse à cette dernière question pour déterminer si oui ou non on est dans un régime totalitaire ? Au cas où il apparaîtrait qu’on est aujourd’hui dans un régime totalitaire, pensez-vous qu’il soit honnête d’affirmer qu’il y ait eu transition ? Si quelqu’un persiste à nous faire croire qu’il y a transition, cette honorable personne pourrait-elle nous dire le seul critère que vous, dirigeants de familles politiques, avez tenté de corriger ces six dernières années ? Ne croyez-vous pas que la transition devrait prendre effet à partir de l’instant où un parti manifesterait la volonté de rectifier l’un quelconque des dix critères ci-haut mentionnés, et qu’elle (la transition) devrait prendre fin dès lors que la rectification dudit critère serait entièrement réalisée. Puisque le dixième critère nous renseigne que le projet de construire une société régulée par une idéologie unique commandée par un parti unique finit toujours par échouer (les exemples font légion), pensez-vous qu’il soit réellement intelligent de cautionner ce genre de projet ? Est-ce que la cécité politique ne serait pas entrain de vous amener à vous comporter comme les pauvres paysans de l’historique camionnette du Docteur GASARASI ?

Si vous deviez faire une étude comparée du comportement des trois régimes (MDR, MRND, FPR) sur les cinq premières années de leurs règnes respectifs (63-68, 74-79, 95-00), dans lequel de ces régimes retrouveriez-vous les éléments suivants : 1° la récupération du pouvoir par les armes avec éventuellement la logistique d’un pays étranger, 2° l’absence d’un projet de société, 3° l’installation d’un président virtuel et intérimaire, 4° le phagocytage des autres partis politiques,

5° le discrédit interne de certains leaders charismatiques (gutesha umurongo) et

6° l’instauration d’une monarchie pseudo-républicaine. ?

Pensez-vous que les similarités que l’on pourrait constater ne seraient pas trop alarmantes ? Qui, du PARMEHUTU et du FPR emprunte à l’autre les méthodes de gouvernance ? Doit-on penser qu’ils ont toujours consulté les mêmes bureaux d’étude sans le savoir ? Ou que notre culture contient des germes bloquants qui enlèvent à nos analystes politiques la capacité de se soustraire à toutes les représentations tant individuelles que collectives ? Ne pensez-vous pas que si la transition pouvait servir d’abord à combattre les préjugés, elle sauverait la nation rwandaise et permettrait d’accéder un jour à un ETAT du DROIT, REEL ?

 

  1. DU PROFIL DES CHEFS DES PARTIS

Lors de l’avènement du multipartisme dans notre pays, nous avons assisté à l’émergence de toutes sortes de partis politiques. On a vu naître des partis de cadres (PSD, PL), des partis de masse qu’on appelle aussi révolutionnaires-centralisateurs (FPR, MDR, MRND) et des partis pragmatiques-pluralistes (les autres) qu’on appellera plus tard partis satellitaires. Les deux premiers types de partis donnaient l’impression d’être fortement structurés et avaient à leur tête des équipes dirigeantes apparemment compétentes et bien soudées. Malheureusement pour et par opportunisme, elles devront imploser les unes à la veille de la réalisation du génocide en 1994, les autres plus tard. Par la suite, on a vu apparaître à la tête des partis, le club de Byumba. A l’exception d’une ou deux personnes, aucun autre membre du club de BYUMBA ne remplissait les conditions de leader, mais malheureusement, ce sont ces derniers qui récupéreront les directions de Partis.

Personnellement, je n’ai pas compris et je ne comprends pas pourquoi le FPR n’a pas pris en ce temps ses responsabilités. Plus loin, la brèche étant ouverte, on verra s’infiltrer des HUTU de service, des RESCAPES de service et enfin des RAPATRIES de service. Ces amalgames, placés à la tête de ce qui devait s’appeler partis politiques et affaiblis par l’hétérogénéité de leurs composantes, vont tenter de se renforcer en trouvant refuge dans ce qu’on a appelé FORUM DES PARTIS, ce dernier faisant penser à un organe d’exécution d’un parti unifié (dernière étape vers le parti unique où les partis d’opposition se trouvent éliminés soit par exclusion, soit par coalition ou soit par absorption et où les différents partis rescapés décident de s’unifier sous l’égide d’un plus puissant) (A. LEWIS). A ce niveau donc, il n’y a que des silhouettes des dirigeants, commis d’un certain Charles ! !

Pour poursuivre, on peut encore relever que lesdits dirigeants des « so called political parties », membres du FORUM, ont tous en commun la caractéristique de s’être AUTOPROCLAMES. Néanmoins, j’estime personnellement que ce n’est pas le plus grave car, non contents de s’être autoproclamés, ils poussèrent l’outrecuidance jusqu’à se substituer entièrement aux adhérents et tentèrent d’assurer leur arrière-base en utilisant l’appareil de l’Etat comme instrument de prédation qui devait leur permettre d’accumuler les richesses.

Dans leur entendement, cette accumulation doit générer un pouvoir coercitif nécessaire à la défense de la situation acquise. Des fragments de ce pouvoir seront même utilisés pour créer des transfuges de tous bords et favoriser le renforcement du Forum, cadre informel, illégitime et illégal, qui viendra même surclasser les institutions de l’Etat légalement reconnues. L’Etat prédateur étant confirmé, la mentalité du gain facile s’installe, le système clientéliste fonctionne à merveille et la dégradation politique est à son comble à telle enseigne qu’on verra de pseudo nyangamugayo recourir au mensonge pour aboutir à des fins non avoués (ici, les honorables Tito RUTAREMARA et Médard RUTIJANWA voudront m’excuser mais je pense qu’ils sont de ceux qui ne devraient pas tenter de faire objection).

Subséquemment, nos chers dirigeants de « partis » vont se sentir investis à tort, du pouvoir de faire et défaire à volonté les carrières politiques de ceux qui n’auront pas voulu que l’on privilégie la cléptocratie (kuva inda irya) au détriment de la fraternité (kuva inda imwe). Ils se permettront même de commettre des erreurs politiques au nom de « leurs abayoboke » (comprenez que atari abayoboke b’ishyaka). Pour illustrer cela, je voudrais chers compatriotes vous rappeler quelques unes de ces erreurs politiques qui vous incombent (à vous et non aux partis) et qui sont inhérentes aux derniers événements politiques qui viennent de se produire dans le pays, car cela est encore présent dans nos mémoires.

1° Vous voudrez m’excuser et me permettre d’affirmer que vous n’avez pas consulté vos bases (si petites soient-elles), et que vous avez de votre propre initiative posé l’acte de soutien au candidat Président , cela dans une logique partitocratique (la partitocratie veut que les dirigeants des partis récupèrent la souveraineté des adhérents et l’exploitent pour se partager entre eux le pouvoir et l’avoir national, sans plus). Ce faisant vous avez instauré sciemment une monarchie absolue (au sens radical du terme mais non pas nécessairement négatif) dans laquelle le monarque s’appelle PRESIDENT de la REPUBLIQUE et où le club d’ABIRU n’est rien d’autre que le FORUM des PARTIS, sans imaginer un seul instant que des observateurs malveillants pouvaient insinuer que ce qui se fait depuis une année au Rwanda n’est qu’un montage savant pour réaliser un coup d’Etat Civil. La démarche préalablement proposée est inversée (quel brusque renversement de sens et de direction). Plus rien ne vient d’en bas, il n’y a plus d’échange mais allocation, qui suppose un double mouvement, mais à projection. La lumière ne vient plus d’en haut. Le miroir déformant est en place et un groupe de pseudo-penseurs peut se contempler de manière auto-satisfaite en croyant représenter un peuple qui ne sent concerné qu’en tant qu’auditeur, disciple ou témoin. Tant pis alors si la culture de sujétion semble se réinstaller au détriment de la culture de participation dont pourtant vous ne cessez de faire éloge dans vos discours ! Ainsi aurez-vous aidé à renforcer la réinstallation de la dictature.

2° Sans vouloir me substituer aux comités directeurs des « partis politiques », je pense, et vous pourrez me corriger si je me trompe, que lors de la présentation des candidats Présidents la loi fondamentale a été bafouée en plusieurs endroits, mais je ne parlerai ici que d’un cas banal de courtoisie outrancière frisant l’ingérence. En effet, si on admet que le Général Major Paul KAGAME fut le candidat des partis politiques (MDR, PL, PDC, PDI, PSD, PSR, UDPR), le FPR n’aura présenté qu’un seul candidat, à savoir Charles MULIGANDE. Or, cette procédure n’étant prévue par aucune loi, on peut penser que le FPR a incidemment présenté le Général Major Paul KAGAME sur sollicitation des autres partis politiques, ladite sollicitation devant être perçue comme une coercition ou, à la limite, comme une interférence des autres partis dans les affaires du FPR. Dans ce cas d’espèce, la jurisprudence devait faire autorité et la procédure de présentation des candidats recommencée. N’avez-vous pas encore en mémoire le cas MAKUBA lors de sa présentation comme candidat du PSD à la Présidence de l’Assemblée (ce n’est pas loin de la Présidence de la République) ? Une action des partis, similaire à ce qu’on vient de citer plus haut fut posée, taxée d’ingérence et condamnée. La procédure fut recommencée. A mon avis, le cas devrait faire jurisprudence. A moins alors que le dernier schéma fut fait sous instigation du FPR, auquel cas on pourrait parler de MANIPULATION.

Dans l’un ou l’autre scénario, la loi fondamentale serait bafouée, ou dans sa lettre, ou alors dans son esprit.

3° Afin avec tout le respect que je vous dois, je peux me permettre de vous faire remarquer que votre récent positionnement accuse un défaut de prospective. En effet, quiconque observe le paysage politique rwandais depuis une année peut affirmer sans ambages qu’il y a une crise sans précédent dans les annales politiques tant nationales qu’internationales car on observe pour la première fois une panne générale et simultanée des institutions. Dans une intervalle ne dépassant pas six mois, on a vu tomber le Président de la Cour Suprême, le Président de l’assemblée Nationale, le Premier Ministre et le Président de la République. Au lieu de chercher à connaître les causes de ladite crise, de les comparer avec celles des crises précédentes (le colloque de BAMAKO aurait été ici d’une grande utilité puisque Messieurs Charles MULIGANDE, Tito RUTAREMARA et Stanley SAFARI y étaient et sont membres influents du FORUM), d’en étudier les incidences possibles sur notre société, et d’en chercher les remèdes et les effets seconds pour pouvoir endiguer à temps la crise qui couve, et installer des instruments de prévention pour les crises éventuelles à venir, vous vous êtes précipités pour appliquer la loi du clou qui en chasse l’autre (ngo nayo ihita ifatwa mu rubaho) sachant pertinemment que cela ne résolvait en rien le problème.

L’amour de la PATRIE aurait dû vous commander de conseiller au Général-Major Paul KAGAME de

  1. Annoncer officiellement sa volonté d’accéder à la magistrature Suprême à travers les premières élections libres et démocratiques qui attendent pour être organisées, au lieu d’y être forcé (Ibyifuzo bya FORUM n’iby’inzego z’ibanze hari icyo byibukije kandi kitari cyiza ! !).

  2. Démissionner comme Vice-Président de la République par cohérence et courtoisie car la démission du Président de la République entraînait ipso facto celle du Vice-Président, étant entendu que la navigation de notre pays pendant ces cinq dernières années était sous l’égide de « leur » sage et bicéphale houlette.

  3. Démissionner du Gouvernement (comme Ministre de la Défense) en confirmant ainsi aux Rwandais sa volonté d’alternance politique. Il aurait été le deuxième à poser politiquement un acte positif car à ma connaissance, Monsieur Pasteur BIZIMUNGU (ancien Président de la République) aura été le premier et le seul jusqu’à présent. Ici je peux oser me joindre aux autres pour féliciter sa grandeur d’âme, sa générosité, sa vision et surtout son courage. Son geste à lui seul constitue une école de patriotisme.

  4. Démissionner réellement de l’armée car cela aurait tranquillisé les Rwandais qui se seraient alors rendu compte que dans l’armée Patriotique Rwandaise, il existe franchement plusieurs RWIGEMA (Imana imuhe iruhuko ridashira !) comme d’autres KAGAME (Imana ikomeze imufashe).

  5. Renforcer sa position politique au sein du Front Patriotique Rwandais (ou au sein d’autres formations politiques, pourquoi pas ?) sans faire peur mais en étant juste et en respectant scrupuleusement la loi fondamentale surtout en ce qui concerne le contenu de la partie relative au partage du pouvoir.

  6. Desserrer l’étau de l’appareil policier afin de permettre aux Rwandais de vivre librement sans les contraindre à vivre ou à se comporter selon un modèle non encore défini. Car en fait, la raison du Rwandais (tout comme celle de l’Athénien classique) s’accommode fort bien d’une vision du comportement, en manifestation publique comme en manifestation privée de l’existence, sans souffrir apparemment de schizophrénie.

  7. Oser ouvrir concrètement le débat politique en libérant les partis politiques et les groupes de pression tout en supprimant le Forum des partis qui n’a rien de légal ni de légitime et prouver ainsi qu’il peut franchement tolérer un débat pluriel et contradictoire.

  8. Redorer son blason pendant ces trois prochaines années en cultivant son entregent et en concevant un projet de société pouvant améliorer notre capacité extractive, distributive, régulative comme on l’a si bien fait avec la capacité responsive) afin de se présenter avec de bonnes chances au starting block pour la prochaine course au pouvoir démocratique.

 

Ces conseils lui auraient évité, comme homme d’Etat d’une nation qui se cherche, d’être confronté à une révolution quadripolaire, celle nationale, celle de l’autorité, celle de la participation et celle du bien-être sans pouvoir avancer dans les quatre directions tout de suite et à la fois. Il bénéficierait ainsi d’un temps pour asseoir son programme et fixer les priorités, et cela permettrait aux Rwandais d’entrevoir enfin l’aube d’une transition réelle..

Pour ne pas m’éterniser sur ces éléments, ,je prends la liberté de suspendre ici ma contribution et me propose de m’entretenir avec vous la prochaine fois sur : LA DEMOCRATIE, LA JUSTICE et LA SOLIDARITE. J’ose espérer que vous le prendrez avec sportivité et vous demande de vous adresser une dernière prière avant de terminer : « N’ayant pas fait que ce qui est juste soit fort, essayez s’il vous plaît de faire que ce qui est fort soit juste »

Fait à Kigali, le 05.05.2000

Hon Jean MBANDA

B.P. 1621 KIGALI

Tél/Fax 72695

 

 
13-07-2004




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12/07/2004

Entretien avec Ngurumbe Aloys (sur l’origine du terme « Inyenzi »)

(«Twaganiriye na Muzehe Ngurumbe Aloys» par Rangira et Kalinganire, Kanguka n°52, 5ème année, 12 février 1992, traduit du kinyarwanda par Eugène Shimamungu) 

La plupart d’entre vous connaissent le vieux Aloys NGURUMBE qui a passé dix ans et deux mois en prison. On dit beaucoup de choses à son propos. Pour les uns, c’est le père du Général RWIGEMA, pour les autres, c’est le père de KAYITARE… On lui prête des déclarations, NGURUMBE a dit ceci, il a dit cela. Tous ceux qui sortent du lieu-dit «1930» parlent de Mr NGURUMBE. Il y a des condamnés à la prison qui étaient malgré tout contents, curieux de rencontrer NGURUMBE dont on parle souvent.

Il a été libéré, il y a peu de temps, le 4/02/92. Nous sommes allés le voir à son domicile, nous nous sommes longtemps entretenus. Il nous a tout dit, nous lui avons même demandé s’il n’a pas peur d’avoir été un inyenzi. Cela pourrait être un prétexte pour certains d’engager contre lui des représailles. Seulement ce n’est même pas pour cette raison qu’il a été mis sous les verrous, au moment où il a été enlevé, les faits qui lui étaient reprochés avaient été amnistiés.

NGURUMBE Aloys, le personnage

Il s’est d’abord présenté : je m’appelle Aloys NGURUMBE, je suis de Byumba, commune MUVUMBA, je suis né en 1933, j’ai fait l’école primaire à Rwamagana, les études secondaires au Groupe Scolaire de BUTARE ex ASTRIDA. Je suis marié, j’ai cinq enfants (4 garçons et une fille). Tous vivent en OUGANDA à TORO de KASESE. J’ai fait l’école militaire en CHINE et au CUBA.

Inyenzi : «le combattant de la milice Ingangurarugo qui s’est donné comme objectif d’être le meilleur»

Comment le mouvement Inyenzi a débuté, quel était l’objectif? Ngurumbe Aloys nous a déclaré que c’est lui-même qui l’a fondé en 1961 à KIZINGA en OUGANDA. Il nous a dit que le mot Inyenzi est une abréviation qui signifie «le combattant de la milice Ingangurarugo qui s’est donné pour objectif d’être le meilleur». Nous trouvions que les mots «ingangurarugo yiyemeje kuba ingenzi» c’était trop long et nous les avons abrégés, c’est ainsi que quelqu’un d’entre nous a proposé d’adopter le mot INYENZI. C’est ainsi que le mot «INYENZI» a pris naissance. A ce moment là les Européens ne voulaient pas notre indépendance, ils voulaient exterminer les gens. Seuls KIGALI, KIBUNGO et BYUMBA étaient calmes, ailleurs c’était le carnage. On ne pouvait plus, nous a-t-il dit, attendre les dirigeants de l’UNAR, RWAGASANA et les autres qui étaient partis à l’ONU. Nous avons trouvé bon de mettre en place une résistance, une milice qui mettrait hors d’état de nuire ces malfaiteurs qui tuaient les gens injustement. Nous lui avons posé des questions à propos de la royauté, il a déclaré qu’ils ne se battaient pas pour la royauté, ils voulaient simplement que les choses changent, afin que toute injustice soit bannie.

A propos de la guerre des Inyenzi (1961-1968)

Nous lui avons demandé de nous raconter brièvement les péripéties de cette guerre des Inyenzi depuis le début en 1961 jusqu’à la fin en 1968. Ils ont commencé au nombre de 36 personnes, nous a-t-il dit. Avant la fondation de la milice Inyenzi, j’étais agronome, nous avons réuni une somme d’argent avec KAYITARE le fils de RUKEBA et nous avons acheté des armes à GOMA au ZAÏRE. Nous avons commencé avec 4 fusils, et nous sommes allés apprendre par nous mêmes à tirer dans la forêt. Quand nous avons fini de l’apprendre, nous avons commencé la guerre avec l’appui de la population à cause des malversations des Européens.

C’est le 11ème bataillon stationné à RUMANGABO qui est intervenu, ainsi que des paracommandos belges, basés à KAMINA. Nous avons commencé à GABIRO, nous y avons tué 9 Européens, nous leur avons confisqué 4 fusils, nous avons engagé une expédition à MUSHA, il y avait une Européen qui n’était pas bon du tout, nous l’avons liquidé, nous avons traversé la frontière vers KIRUNDO au BURUNDI. Nous lui avons demandé ce que faisaient les militaires rwandais, il répondit qu’ils (lui et sa troupe) ne recherchaient pas les militaires rwandais mais les malfaiteurs Européens, qui étaient dangereux pour eux. Nous avons continué notre chemin, dit-il, nous sommes passés par BUJUMBURA et par UVIRA au ZAÏRE, BUKAVU, GOMA, nous sommes allés dans les Volcans. Nous avons attaqué à KINIGI un Européen qui était dangereux, nous l’avons tué, nous nous sommes emparé de son véhicule.

Nous nous sommes répartis en groupes, chaque groupe devait avoir quelqu’un qui savait conduire, comme KAYITARE et MPAMBARA, nous avons pris le véhicule de l’Européen tué à KINIGI. Nous sommes partis à Rutongo, il y avait là bas un autre Européen, lui aussi a été tué, mais nous avons abandonné son véhicule. Nous sommes passés par KARURUMA, nous avons pris de l’essence à KIGALI, ensuite par MUSAMBIRA, GITARAMA, BUTARE, nous avons traversé l’AKANYARU, nous sommes rentrés à BUJUMBURA. En arrivant à BUJUMBURA près du Collège Saint Esprit, nous avons poussé le véhicule dans le ravin, et nous avons rejoint RUKEBA et les autres qui nous apprirent que nous étions recherchés. Ils nous donnèrent un autre véhicule (une camionnette) nous avons repris notre chemin par UVIRA, BUKAVU, GOMA et nous sommes entrés en OUGANDA.

Là aussi nous étions recherchés, nous avons fait garder le véhicule à NTUNGAMO, nous avons pris le bus et nous sommes allés en TANZANIE. En arrivant là-bas, nous avons été accueillis par des Rwandais et même des Tanzaniens de l’ethnie HAYA. Nous sommes repartis à GOMA chercher notre voiture IMPALA que nous avions laissé là-bas. Nous sommes revenus en passant par l’OUGANDA à MURONGO, et nous sommes rentrés à BUGENI chez le Roi RUHINDA qui avait une femme rwandaise. Nous lui avons dit que nous cherchions à nous rendre à BUKOBA pour téléphoner à des Rwandais qui se trouvaient à DAR-ES-SALAAM pour qu’ils nous envoient de l’argent.

C’était en 1962, nous sommes retournés au ZAÏRE en passant par la KAGERA, pour chercher d’autres armes. Nous avons trouvé là-bas KAYUMBA, le chef du BUMBOGO, nous lui avons exposé notre problème ; il y avait un avion belge qui, dans un accident, était tombé à MASISI, il était chargé d’armes pour la plupart de marque TUMSON, et nous les avons pris. A notre arrivée en TANZANIE, il y avait un recrutement pour aller faire des études dans les pays socialistes (CHINE, URSS, BULGARIE…)

KAYITARE s’est rendu tout de suite au BURUNDI, les autres sont restés en TANZANIE ; NUMA et MPAMBARA ont été extradés par la TANZANIE vers le RWANDA, ils ont été exécutés à RUHENGERI. Nous sommes partis en CHINE, je suis parti avec le Gérard RWIRANGIRA, William MUKURARINDA et Jacques BUNYENYEZI qui fut Colonel du temps d’IDI AMIN ; c’est le grand-frère du Major Chryss BUNYENYEZI, l’Inkotanyi dont vous entendez souvent parler. Nous sommes d’abord passés par DAR-ES-SALAAM, il y avait des ressortissants d’autres nationalités comme SAMORA MACHEL de MOZAMBIQUE, ceux d’AFRIQUE DU SUD et du SOUDAN.

En CHINE nous avons appris le maquis, ainsi que le commandement. Pendant la journée nous apprenions la théorie, pendant la nuit nous faisions la pratique. Vers la fin de 1964, nous sommes tous revenus à BUJUMBURA, c’est là que nous avions reçu l’asile. Nous avons retrouvé KAYITARE et beaucoup d’autres dans la forêt de GATARE à KIRUNDO. A ce moment là, la guerre de MULELE avait commencé au ZAÏRE, et nous avons décidé de leur donner un coup de main parce que nous avions des gens formés, tandis qu’ils nous fourniraient des armes en retour et nous frayeraient le chemin. Nous sommes allés combattre à la bataille dite de «CHEKBALA». Ceux de CUBA nous sont venus au secours, tandis que la TANZANIE apportait des armes par KIGOMA et nous les transportions à dos au ZAÏRE.

A un moment donné nous sommes remontés par la RUSIZI et CIBITOKE, et nous avons formé notre base dans la forêt de NYUNGWE. Nous attaquions BWEYEYE et NSHIRI, à partir de NYUNGWE, nous y avons passé deux ans (66-68). Nous étions 1200 hommes, lourdement armés avec des CANON, MORTIER, MITRAILLEUSE et autres armes lourdes. Entre-temps, je suis parti faire des études à CUBA en 66, j’y ai passé 6 mois.

Nous lui avons demandé quel grade il avait à ce moment là ; il nous a dit que le Commandant en chef était MAYANI SEBYATSI, tandis que lui était chargé de coordonner les actions militaires et les mettre en phase avec le parti F.L.R. (Front de Libération Rwandaise).

A propos de l’attaque des Inyenzi qui a été stoppée à KANZENZE, il nous a dit qu’il était parti aux études en CHINE, ceux qui ont attaqué étaient dirigés par KAYITARE et son père RUKEBA. C’était en décembre 1963.

Nous lui avons posé la questions à propos de KANYARENGWE, qui aurait été rasé à l’aide de tessons de bouteilles, ou tiré par terre par une jeep, ils nous répondu que les Inyenzi n’ont jamais pris KANYARENGWE.

Il s’est battu sur plusieurs fronts

Nous lui avons demandé quels sont les pays dans lesquels il a combattu, il a répondu que c’est le ZAÏRE, le MOZAMBIQUE et le RWANDA. Il nous a dit qu’au MOZAMBIQUE, il s’est battu pour SAMORA MACHEL dont il était un grand ami : MUSEVENI et RWIGEMA ont combattu dans cette guerre, étiez-vous ensemble, avons-nous demandé? Ils nous répondit que ceux-là sont arrivés après son départ. Nous lui avons demandé s’il n’avait pas d’enfant parmi les INKOTANYI, il nous dit qu’après dix ans de prison, il n’était pas renseigné sur les INKOTANYI, qu’on lui prêtait beaucoup de choses, que certains disent que RWIGEMA est son fils, ou que KAYITARE serait son fils, tout cela ajoute-t-il, c’est des mensonges.

Il a été enlevé à Goma et condamné à perpétuité

Il nous a raconté comment il a été kidnappé au ZAÏRE en 1981. Il était parti d’OUGANDA pour le ZAÏRE afin de chercher un terrain, parce qu’en OUGANDA, OBOTE les pourchassait. Arrivé au ZAÏRE, il a été livré par le nommé NGATA chargé des renseignements à GOMA sur instigation de Joseph HABIYAMBERE (Préfet de GIKONGORO). Celui-ci était chargé des renseignements, il avait remplacé RIZINDE. Il a payé 1.000.000 de francs rwandais, c’est ainsi que j’ai été kidnappé et conduit à RUHENGERI. Gaëtan KAYITABA qui était chargé des renseignements au ZAÏRE, a suivi mes traces parce que certains disaient qu’on m’avait tué. En demandant au Directeur de la prison de RUHENGERI, SUKIRANYA, que je lui sois montré, il a refusé. Il a dit cependant que j’étais encore en vie, j’étais alors détenu dans un cachot spécial. KAMPALA a demandé que je sois libéré, mais ce fut sans succès.

J’ai été maltraité, j’ai été torturé à l’électricité pour que j’avoue la préparation d’un attentat contre HABYARIMANA au moment de l’inauguration des projets. J’ai contesté, c’était des mensonges, on a continué à me torturer, j’ai nié. On disait également que je préparais des attentats contre les hauts responsables de GISENYI. J’ai comparu en 1984 après quatre ans de préventive. Lorsqu’ils ont constaté qu’ils n’avaient pas de charge contre moi, le procès a été ajourné, j’ai ensuite comparu en 1985. A ce moment là, on m’a dit que les charges retenues contre moi étaient contenues dans un rapport fait par les services de renseignements. J’ai demandé que le rapport me sois lu, le Président de la Cour, Simon, dit que ce n’était pas possible. J’ai aussitôt rétorqué que je ne pouvais pas répondre pour des charges que je ne connaissais pas. Certains dans l’auditoire ont applaudi la façon dont je me défendais. Je fus condamné à perpétuité. La peine n’a jamais été commuée, la grâce allait aux autres pas à moi ; la Croix Rouge suivait mon dossier, et même MUSEVENI a demandé que je sois libéré, sans succès ; le Président du MOZAMBIQUE, Joachim CHISANO qui était aussi mon ami, en visite au Rwanda, a demandé ma libération pour que je parte avec lui, sans résultat. Depuis lors, je me suis découragé, je suis resté là en pensant que j’allais finir ma vie en prison.

Et puis l’amnistie est tombée

Il n’y a pas longtemps l’amnistie est tombée et cette fois-ci on a pensé que je devais en bénéficier ; on a cherché à m’exiler, je leur ai dit que je suis Rwandais, que je dois habiter ici, que je ne savais pas où ils voulaient m’exiler. Je leur ai dit que s’ils ne voulaient pas que je m’installe ici, qu’ils pouvaient me laisser aller à BUJUMBURA ou à KAMPALA. Ils ont accepté que je reste ici ; on m’a envoyé chez le Bourgmestre de Kicukiro pour chercher les papiers. Je viens de passer 10 ans et deux mois en prison.

Je suis vieux, dit-il, je ne ferai pas de politique

Nous lui avons demandé ce qu’il pensait faire dans les jours à venir. Il nous a dit qu’il ne veut pas faire de la politique à cause de son âge, c’est pour les jeunes, a-t-il ajouté. Il allait chercher du travail dans les entreprises, s’il n’en trouvait pas, il allait travailler pour lui-même. Il a des choses à vendre, sa femme possède beaucoup de biens, deux véhicules, et ses enfants sont autonomes. Nous lui avons enfin posé la question de savoir quel événement l’a le plus enchanté au cours de toutes ces guerres pendant qu’il était au front. Il nous a répondu que rien, on se bat parce qu’on se trouve dans une impasse, personne ne s’en réjouit. Quand on tue, on ne peut être content parce que la victime est un frère, c’est un homme comme vous.

Voilà ce dont nous avons causé avec Mr NGURUMBE Aloys, c’est un vieux qui a encore des forces.

Nous espérons que les curiosités ont été satisfaites. Nous reprendrons ce sujet avec lui, il connaît beaucoup de choses que nous avons envie de savoir. C’est un homme qui a été marqué par les événements, c’est un vieux qui a beaucoup d’intelligence avec des idées nouvelles, même s’il a passé dix ans en prison.


 
12-07-2004
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09/07/2004

Lettre du 4 avril 2004 du Ministre JD Ntawukuliryayo sur les charters annulés de "Point Afrique"

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Lettre du 25 juin 2004 du Ministre JD Ntawukuliryayo sur les charters annulés de "Point Afrique"

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Lettre du 29 juin 2004 du Ministre JD Ntawukuliryayo sur les charters annulés de "Point Afrique"

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